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Les grands enjeux économiques de l’Afrique en débat à Rabat

© D.R

Africa Economic Symposium 2026 organisé les 13 et 14 juillet 2026

Policy Center : Le Policy Center for the New South (PCNS) organise, les 13 et 14 juillet 2026, la quatrième édition de l’Africa Economic Symposium (AES), un rendez-vous qui réunit plus de 200 économistes, décideurs publics et universitaires issus de 40 nationalités. Placée sous le thème «Transformer les transitions en moteurs de croissance», cette édition s’articule autour du lancement du Rapport annuel sur l’économie africaine et propose une réflexion sur les grands défis économiques auxquels le continent est confronté. Par ailleurs, une session spéciale sera également consacrée aux retombées économiques de l’organisation de la Coupe du monde de la FIFA 2030, dont le Maroc sera coorganisateur.

Policy Center For the New South (PCNS) organise les 13 et 14 juillet 2026 l’Africa Economic Symposium (AES). Cet événement, comme le précisent les organisateurs, s’est imposé au fil du temps comme une plateforme pour le dialogue économique continental, où les perspectives mondiales rencontrent les réalités africaines et où des analyses rigoureuses éclairent les politiques publiques. A ce stade, ce Symposium réunit plus de 200 économistes, décideurs publics et universitaires, représentant 40 nationalités d’Afrique et d’ailleurs. Le symposium s’articule autour du lancement du Rapport annuel du PCNS sur l’économie africaine. Réalisé par plus de 30 experts africains et internationaux, ce rapport de référence propose une analyse fondée sur des indicateurs macroéconomiques et sectorielles, des dynamiques d’intégration régionale ainsi que des choix de politiques publiques qui déterminent la trajectoire de développement de l’Afrique.

La 4ème édition de l’AES se tient autour du thème «Transformer les transitions en moteurs de croissance». Cette rencontre a mis en lumière, cette année, les limites du modèle actuel de croissance en Afrique, alors que le continent est confronté simultanément à des mutations climatiques, technologiques et démographiques. Les choix de politiques publiques seront déterminants pour savoir si ces transitions favoriseront une hausse de la productivité et renforceront la résilience, ou si elles accentueront au contraire les vulnérabilités économiques et sociales. Le symposium établit un lien entre les enjeux de court terme et les transformations de long terme en articulant la stabilité macroéconomique avec une transformation structurelle en profondeur. Sur le plan macroéconomique, les discussions portent sur la gestion des effets de contagion liés aux prix, aux taux de change et aux taux d’intérêt, le renforcement des cadres budgétaires pour une meilleure gestion des ressources naturelles, ainsi que l’approfondissement des débats sur la dette souveraine africaine à travers la composition de la dette, le développement des marchés de capitaux domestiques et la soutenabilité budgétaire. Le symposium examine aussi les moyens de transformer l’abondance des ressources naturelles de l’Afrique d’une contrainte en un véritable levier d’opportunités, d’accompagner les transitions climatique et énergétique au service d’une croissance résiliente, de stimuler la croissance grâce à une transformation structurelle portée par la technologie, et de repenser les politiques sociales afin de garantir une croissance inclusive. Les échanges aborderont également, de manière critique, les architectures de financement nécessaires pour soutenir ces trajectoires de transformation et de croissance. Par ailleurs, à l’approche du rôle du Maroc en tant que coorganisateur de la Coupe du monde de la FIFA 2030, l’AES consacre également une session spéciale à la gestion économique des Coupes du monde. S’appuyant sur les enseignements tirés des précédentes expériences internationales, cette session vise à identifier les stratégies permettant de transformer l’organisation d’événements d’envergure mondiale en bénéfices économiques et sociaux durables.

Défis

Comment la politique monétaire peut-elle répondre à l’inflation importée sans compromettre la croissance ? Quel équilibre convient-il de trouver entre flexibilité du taux de change et interventions sur le marché des changes ? Comment les décideurs peuvent-ils mieux gérer la volatilité des flux de capitaux dans un environnement mondial caractérisé par des taux d’intérêt élevés? Comment les gouvernements peuvent-ils renforcer leurs stratégies de gestion de la dette tout en préservant l’espace budgétaire nécessaire aux priorités de développement? Quelle combinaison de politiques permettrait de concilier emprunt domestique, développement des marchés financiers et soutenabilité budgétaire à long terme ? Autant de questions qui seront au cœur des débats et des panels de ce symposium. Ces réflexions interviennent dans un contexte où les conditions macrofinancières mondiales demeurent particulièrement tendues. La persistance de l’inflation, le maintien de taux d’intérêt élevés dans les économies avancées et la vigueur du dollar américain continuent d’accentuer les effets de contagion à l’échelle internationale. À cela s’ajoutent les fluctuations des prix des matières premières, alimentées par les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement, qui entretiennent l’inflation importée.

Dans le même temps, la volatilité des flux de capitaux et les pressions sur les taux de change compliquent les arbitrages de politique économique. Pour les économies ouvertes, fortement dépendantes des importations, ces évolutions pèsent directement sur la stabilité des prix, les équilibres extérieurs et les perspectives de croissance. Les pays africains riches en ressources naturelles font également face à des défis budgétaires majeurs. Ils doivent transformer des recettes souvent volatiles et par nature épuisables en leviers durables de financement du développement. Or, l’instabilité des cours des matières premières, l’imprévisibilité des recettes publiques et les contraintes institutionnelles compliquent la planification budgétaire et limitent la capacité des États à maintenir un niveau soutenu d’investissement public. Dans le même temps, les besoins croissants en infrastructures, les attentes sociales et les pressions macroéconomiques renforcent la nécessité de concevoir des politiques budgétaires solides, en particulier dans les économies où la dépendance aux ressources naturelles demeure importante et où la diversification économique reste insuffisante. Face à ces enjeux, la mise en place de cadres budgétaires performants ne peut se résumer à la seule mobilisation des recettes. Elle suppose l’adoption de règles budgétaires robustes, la création de fonds de stabilisation efficaces, une gestion plus transparente des finances publiques ainsi qu’une meilleure gouvernance de l’investissement public. L’objectif est de réduire le caractère procyclique des dépenses publiques, de renforcer la résilience des économies et de faire en sorte que les revenus tirés des ressources naturelles deviennent un véritable moteur de transformation structurelle et de développement durable, plutôt que d’alimenter des cycles de dépenses de court terme et d’accroître les vulnérabilités budgétaires au détriment des générations futures.

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