15 milliards de dollars sur dix ans. C’est l’enveloppe indicative annoncée par la Banque mondiale pour accompagner le Maroc jusqu’en 2035.
Le montant est important mais le plus intéressant est ailleurs. Le nouveau Cadre de partenariat place l’emploi, l’investissement privé et la productivité au centre du dispositif.
Et le Maroc n’arrive pas à cette étape les mains vides. Il a consacré plus de vingt ans à construire des infrastructures lourdes, à moderniser ses réseaux, à développer des plateformes industrielles et logistiques et à renforcer son positionnement dans plusieurs métiers mondiaux. Tanger Med, l’automobile, l’aéronautique, les énergies renouvelables ou encore les phosphates transformés n’existaient pas avec la même force il y a deux décennies. Les investissements publics ont permis au Royaume de changer de rang et de s’imposer comme une plateforme industrielle et économique régionale incontournable.
Le chantier qui s’ouvre aujourd’hui est différent mais il prolonge le précédent. Les infrastructures sont là. Les chaînes industrielles existent. Les équipements et les réseaux ont atteint un niveau de maturité avancé. Il faut maintenant faire grossir plus vite l’investissement privé, élargir le tissu des entreprises, améliorer la productivité et, surtout, créer plus d’emplois.
Le Maroc a déjà fixé ce cap. La nouvelle Charte de l’investissement vise à inverser progressivement une structure longtemps dominée par l’investissement public pour arriver à deux tiers d’investissement privé contre un tiers public. Le sens de cette cible est clair. L’État ne se retire pas. Il veut que les moyens qu’il a engagés pendant des années produisent désormais un effet d’entraînement beaucoup plus puissant sur le secteur privé.
Le partenariat avec la Banque mondiale arrive donc à un moment logique. Les financements, l’expertise et les garanties viendront renforcer une stratégie nationale déjà en marche. Ils devront surtout aider à lever les blocages qui empêchent encore des entreprises de naître, de grandir ou de franchir un seuil supérieur.
Le Maroc, lui, a construit les fondations et le premier étage. Le deuxième doit maintenant être occupé par les entreprises, l’investissement et l’emploi.










