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Plan national de prévention et de contrôle du cancer : Le ministère de la santé fixe les priorités pour la période 2027-2029

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Réunion du comité de pilotage du Plan national de prévention et de contrôle du cancer 2020-2029, sous la présidence du ministre de la santé et de la protection sociale. 

Evaluation : Le comité de pilotage a dressé un bilan des actions engagées depuis 2020 dans la lutte contre le cancer et fixé les priorités de la feuille de route pour les prochaines années. Les centres publics d’oncologie assurent actuellement le suivi de plus de 110.000 patients par an, dont près de 24.000 nouveaux cas.

Le comité de pilotage du Plan national de prévention et de contrôle du cancer 2020-2029, s’est réuni, mercredi à Rabat, sous la présidence du ministre de la santé et de la protection sociale, Amine Tehraoui. Cette réunion a été consacrée à la présentation des résultats de l’évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre du Plan national et à l’identification des priorités stratégiques pour la période restante, dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme du système national de santé et de la généralisation de la protection sociale. Les résultats de cette évaluation ont mis en évidence les progrès significatifs réalisés par le Maroc dans la lutte contre le cancer, notamment à travers le renforcement du réseau des établissements de prise en charge du cancer, l’élargissement de l’offre de soins en oncologie, l’amélioration de l’accès aux médicaments innovants, le développement des soins palliatifs, ainsi que l’extension du programme de dépistage précoce des cancers du sein et du col de l’utérus.

A ce sujet, le ministre a indiqué que les capacités de prise en charge ont ainsi considérablement augmenté, et les centres d’oncologie publics prennent aujourd’hui en charge plus de 110 000 patients par an, dont près de 24.000 nouveaux cas. M. Tehraoui a également fait savoir que le Maroc compte aujourd’hui 59 centres de référence de santé reproductive, qui constituent une étape clé de la détection précoce des cancers du sein et du col de l’utérus. En outre, les unités mobiles de mammographie sillonnent les régions les plus reculées, pour desservir les femmes dans les zones enclavées. Le comité de pilotage a également relevé un certain nombre de défis qui nécessitent la poursuite des efforts, notamment l’augmentation de la couverture vaccinale contre le Papillomavirus Humain (HPV), le renforcement de la prévention des cancers liés aux risques professionnels et environnementaux, ainsi que l’amélioration du parcours de diagnostic et de prise en charge conformément aux standards internationaux.

Le ministre a estimé que la réforme structurelle engagée par le Royaume, notamment à travers la mise en place des groupements sanitaires territoriaux et le renforcement de la régionalisation avancée, offre l’opportunité pour consolider la gouvernance du plan cancer, d’achever la digitalisation des systèmes d’information et de garantir la continuité des parcours de soins, entre le premier recours, le diagnostic, la prise en charge thérapeutique et la réhabilitation. M. Tehraoui a signalé que «cette évaluation ne constitue pas uniquement un bilan comptable de mesures mises en œuvre, mais une véritable étape de partage et de concertation indispensable pour orienter avec justesse les quatre années qui nous séparent de l’échéance de ce deuxième plan décennal». Par rapport à l’accès aux médicaments, le ministère a consacré des moyens budgétaires considérables à l’acquisition des médicaments anticancéreux, y compris les molécules innovantes, pour l’ensemble des centres d’oncologie (budget avoisinant les 200 millions DH annuellement).

Cela dit, le ministre a fait remarquer qu’une vigilance particulière est néanmoins requise tout au long du processus d’approvisionnement, en vue de disposer de l’ensemble des médicaments et produits de santé nécessaires, y compris les molécules innovantes, à même de combiner efficacité et efficience. La feuille de route pour les prochaines années devra faire de la réduction des écarts territoriaux qui persistent encore, une priorité absolue. L’équité d’accès et la qualité des soins constituent des principes fondamentaux de la refonte du système national de santé. À l’issue de ses travaux, le comité de pilotage a approuvé les orientations prioritaires pour la période 2027-2029.

Celles-ci reposent principalement sur le renforcement de la gouvernance du Plan national, l’accélération de la mise en œuvre des programmes de prévention, la garantie d’un accès équitable aux services de diagnostic et de traitement, le renforcement des ressources humaines et des équipements, l’accélération de la transformation numérique des services de santé, ainsi que l’accompagnement du déploiement des Groupements sanitaires territoriaux, afin d’assurer l’efficacité et la pérennité des services de lutte contre le cancer.

Le risque de développer un cancer avant 75 ans est estimé à 12%

Statistiques : Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a publié récemment un rapport intitulé «les statistiques mondiales du cancer 2024 : estimations Globocan de l’incidence et de la mortalité pour 34 types de cancer dans 186 pays». Selon le document, le Maroc a enregistré 47.944 nouveaux cas de cancer en 2024, dont 21.255 chez les hommes et 26.689 chez les femmes. Le nombre des décés est estimé à 26.459. Le nombre de personnes ayant reçu un diagnostic de la maladie au cours des cinq années précédentes se chiffre à 113.000. Le risque de développer un cancer avant 75 ans est estimé à 12 % ( 11,3% chez les hommes contre 12,6% chez les femmes).

Chez les femmes, le cancer du sein représenterait 10 410 nouveaux cas, soit 39 % des cancers diagnostiqués . Il précède le cancer de la thyroïde (2 704 cas, 10,1 %), celui du col de l’utérus (2 228 cas, 8,3 %), le cancer colorectal (2 015 cas, 7,5 %) et le cancer de l’ovaire (1 029 cas, 3,9 %). Les autres localisations atteindraient 8 303 cas, soit 31,1 %. Chez les hommes, le cancer du poumon reste largement dominant avec 5.326 nouveaux cas, devant les cancers de la prostate ( 3533 cas , 16,6%) et du côlon-rectum ( 2025 cas, 9,5%).

Le CIRC estime que le cancer du poumon demeure la première cause de décès au Maroc avec 5 763 morts, soit 21,8 % de l’ensemble des décès attribués à la maladie. Il précède le cancer du sein avec 3 918 décès, le cancer colorectal avec 2 068 décès, le cancer de la prostate avec 1 348 décès et le cancer de l’estomac avec 1 151 décès.