Cet atelier s’inscrit dans le cadre des travaux préparatoires à la prochaine évaluation annuelle du Maroc par le Groupe de travail financier pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (GAFIMOAN).
Finances et banques : Bank Al-Maghrib et l’Autorité nationale du renseignement financier ont conjointement organisé, à Rabat, un atelier national sur la lutte contre l’escroquerie financière de type «phishing». Les détails.
Les autorités financières du pays sonnent la mobilisation générale face à la montée des actions d’escroquerie sur internet et la cybercriminalité d’une manière générale. Un atelier consacré à la lutte contre les fraudes financières de type «hameçonnage» (phishing) a été organisé il y a quelques jours à Rabat, à l’initiative de Bank Al-Maghrib (BAM) et de l’Autorité nationale du renseignement financier (ANRF), dans le but de sensibiliser aux risques liés à cette pratique et de renforcer les mécanismes de prévention.
Cet atelier s’inscrit dans le cadre des travaux préparatoires à la prochaine évaluation annuelle du Maroc par le Groupe de travail financier pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (GAFIMOAN). Les travaux ont porté sur les types de fraudes financières, les initiatives et les leviers visant à renforcer la coordination nationale, ainsi que sur les mesures d’atténuation des risques permettant de réduire l’exposition des utilisateurs et des établissements bancaires aux risques liés à la fraude financière.
Dans un discours prononcé à cette occasion, le président de l’Autorité nationale du renseignement financier, Jawhar Nfissi, a souligné que les fraudes financières sont en hausse, tant au niveau national qu’international, dans un contexte marqué par la numérisation croissante des services financiers et la généralisation des usages numériques. Il a souligné que ces pratiques, reposant notamment sur des techniques de manipulation psychologique et d’ingénierie sociale, constituent une menace croissante pour la protection des consommateurs, l’intégrité du système financier et la sécurité des flux financiers.
M. Nfissi a précisé que ces fraudes prennent des formes de plus en plus sophistiquées, notamment par le biais d’opérations de «hameçonnage», les faux messages bancaires, les liens malveillants diffusés sur les réseaux sociaux, voire l’usurpation d’identité d’institutions financières et publiques. La même source a averti qu’outre les préjudices causés aux victimes, ces pratiques risquaient d’alimenter les circuits financiers illicites.
À cet égard, le président de l’Autorité nationale du renseignement financier a indiqué que les autorités nationales avaient ouvert la voie à une réflexion commune afin de mieux comprendre les manifestations de ce fléau, d’identifier les principaux facteurs de risque et d’étudier les réponses les plus appropriées.
Il a rappelé qu’une commission dédiée à la lutte contre la fraude financière, coordonnée par l’Autorité nationale d’information financière et regroupant les principales autorités de supervision et de contrôle, avait été créée en février 2025 et avait déjà réalisé une étude consacrée à cette problématique. Cet atelier a également été l’occasion pour le responsable d’inviter les acteurs concernés à poursuivre leurs efforts de coordination afin de consolider les acquis du Royaume en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Pour sa part, Nabil Badr, directeur de la supervision bancaire à Bank Al-Maghrib, a souligné que les fraudes financières avaient considérablement évolué ces dernières années, les fraudeurs ciblant désormais directement les utilisateurs de services financiers à l’aide de techniques d’ingénierie sociale conçues pour les inciter à divulguer spontanément des informations confidentielles.
Nabil Badr a rappelé que BAM avait progressivement renforcé son cadre réglementaire et prudentiel afin de s’adapter à la transformation numérique du secteur bancaire, tout en garantissant un niveau élevé de sécurité et de flexibilité. Dans ce cadre, la Banque du Maroc a publié en juillet 2024 un guide des meilleures pratiques visant à accompagner les établissements de crédit dans le renforcement de leurs systèmes de lutte contre le phishing, puis un deuxième guide, en juillet 2026.
Il faut préciser que l’Autorité nationale du renseignement financier (ANRF) est la Cellule du Renseignement Financier (CRF) nationale chargée essentiellement d’assurer la coordination nationale entre les départements gouvernementaux, les administrations et les établissements publics et les autres personnes morales de droit public ou privé en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et les infractions sous-jacentes, ainsi que la lutte contre le terrorisme, la prolifération des armes et leur financement. L’ANRF est une instance administrative indépendante rattachée au Chef du gouvernement. Cette instance a été érigée en Autorité (en remplacement de l’Unité de traitement du renseignement financier (UTRF)) et ce, en vertu de l’article 14 de la loi n° 43-05 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, telle que modifiée et complétée notamment par la loi n° 12-18.
La création de l’ANRF vient en réponse d’une part aux standards internationaux, notamment la Recommandation 29 du GAFI et d’autre part, aux tendances internationales où les CRF jouent de plus en plus un rôle central en tant que coordonnateur national en matière de LBC/FT. L’organisation administrative et financière de l’ANRF est fixée par le décret n° 2.21.633 du 30 août 2021, pris en application de l’article 14 susmentionné, publié au Bulletin officiel n° 7026 du 30 septembre 2021. L’Autorité est composée d’un président, d’un conseil et de services administratifs. Le conseil de l’ANRF est constitué de l’ensemble des Autorités gouvernementales et organismes concernés par la LBC/FT, dont l’Autorité gouvernementale chargée des finances.









