On connaît Tanger Med pour ses performances, Nador West Med pour ses ambitions énergétiques et industrielles et Dakhla Atlantique pour la nouvelle porte qu’il doit ouvrir sur la façade atlantique.
On parle aussi beaucoup, depuis quelque temps, de l’Initiative Atlantique lancée par SM le Roi Mohammed VI en faveur des pays africains du Sahel ou encore du projet de gazoduc Afrique Atlantique. Tous ces grands projets ont un point commun : ils créent des connexions.
Tanger Med en est certainement l’exemple le plus abouti. Le port sert naturellement l’économie et l’industrie marocaines mais une grande partie de sa puissance vient de sa capacité à être utile aux autres. Des armateurs mondiaux y organisent leurs flux, des marchandises y transitent sans avoir le Maroc pour origine ou destination et des industriels étrangers s’installent à proximité pour profiter de cette ouverture sur le monde.
Cette même logique se retrouve ailleurs. L’Initiative Atlantique propose à des pays africains enclavés de pouvoir accéder à l’océan en s’appuyant notamment sur les infrastructures marocaines. Le gazoduc Afrique Atlantique doit traverser plusieurs pays et permettre de valoriser des ressources gazières africaines tout au long de son tracé et, à terme, au-delà du continent.
L’industrie offre un autre exemple. Le Maroc a multiplié les plateformes industrielles tout en développant ses infrastructures et un vaste réseau d’accords de libre-échange. Un industriel chinois, indien, américain ou européen qui choisit aujourd’hui le Maroc ne regarde donc pas uniquement les 37 millions de consommateurs du marché national. Il regarde aussi tout ce qu’il peut atteindre à partir du Maroc.
Cette capacité à connecter est devenue au fil des années un véritable atout. Elle permet surtout au Maroc de tirer beaucoup plus de valeur de sa position géographique. Être situé à quelques kilomètres de l’Europe ou au croisement de grandes routes maritimes est une chose. Encore faut-il avoir les ports, les routes, les plateformes industrielles, les accords commerciaux et les relations politiques qui permettent d’en profiter.
Cette ingénierie de la connexion se construit ainsi depuis plusieurs années, projet après projet. Elle donne aujourd’hui au Maroc une fonction, voire une vocation, qui dépasse largement celle de simple pays de transit : celle d’un espace capable de mettre en relation des marchés, des investisseurs, des ressources et des territoires qui, sans ces infrastructures et ces réseaux, auraient peut-être plus de mal à se rencontrer.










