EconomieUne

Un programme porté par l’ADA et la BAD désormais sur les rails : 100 millions d’euros pour dynamiser l’agriculture solidaire

© D.R

Les grandes lignes de ce programme ont été dévoilées lors d’un séminaire de lancement organisé récemment entre l’Agence pour le développement agricole (ADA) et la Banque africaine de développement (BAD). 

Initiative : Avec le lancement du PAASIFEJ, le Maroc renforce son engagement en faveur d’un développement rural inclusif. Ce programme, porté par l’Agence pour le développement agricole en coordination avec la Banque africaine de développement, mise sur l’accompagnement des femmes et des jeunes ruraux, la modernisation des infrastructures agricoles et la promotion d’une agriculture plus durable face aux effets du changement climatique.

L’Agence pour le développement agricole (ADA), en partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD), a lancé le Programme d’appui à l’agriculture solidaire inclusive des femmes et des jeunes (PAASIFEJ). Cette initiative stratégique dotée d’un financement de 216,3 millions d’euros dont 100 millions d’euros accordé par la Banque africaine de développement (BAD), vise à accélérer la transformation de l’agriculture solidaire au Maroc, et ce conformément aux objectifs fixés par la stratégie «Génération Green 2020-2030» qui place le capital humain, l’entrepreneuriat rural et la résilience climatique au cœur du développement agricole. Ce dispositif sera ainsi déployé sur cinq ans dans sept régions du Royaume en l’occurrence Tanger-Tétouan-Al Hoceima, l’Oriental, Fès-Meknès, Béni Mellal-Khénifra, Marrakech-Safi, Drâa -Tafilalet, Souss -Massa. Les grandes lignes de ce programme ont été dévoilées lors d’un séminaire de lancement organisé récemment entre l’Agence pour le développement agricole (ADA) et la Banque africaine de développement (BAD). «En plaçant le capital humain au cœur du développement rural, le PAASIFEJ apporte une réponse concrète à plusieurs défis structurels auxquels est confrontée l’agriculture solidaire. Il vise, en premier lieu, à renforcer l’inclusion économique et l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes en milieu rural à travers un accompagnement technique et un appui adapté à leurs besoins, À ce titre, le programme prévoit notamment l’accompagnement de 700 femmes entrepreneures dans la formalisation et le développement de leurs projets», indique l’ADA dans un récent communiqué. Le programme, note la même source, ambitionne également «d’améliorer durablement la productivité agricole grâce à la mise en place et à la modernisation d’infrastructures de production et de services agricoles favorisant une meilleure intégration des petits exploitants aux chaînes de valeur. Cette composante se traduira notamment par l’aménagement et la réhabilitation de 160 kilomètres de séguias ainsi que par la création de 150 points d’eau».

Par ailleurs, le PAASIFEJ contribue au renforcement de la résilience climatique et de la sécurité alimentaire en accompagnant la petite agriculture marocaine dans son adaptation aux effets croissants du changement climatique et aux épisodes récurrents de stress hydrique. Dans cette perspective, le programme prévoit la plantation de 50.000 hectares d’espèces arboricoles résilientes, contribuant ainsi à la restauration des écosystèmes vulnérables et à la préservation des ressources naturelles. Pour la première fois dans ce type d’intervention, le PAASIFEJ adopte l’approche du financement basé sur les résultats (FBR). «Ce mécanisme innovant conditionne les décaissements à l’atteinte d’indicateurs de performance précis, mesurables et vérifiables, renforçant ainsi la culture de résultats, la redevabilité et l’efficacité de l’action publique» , explique la même source. Et d’ajouter : «Capitalisant sur les enseignements tirés des programmes antérieurs, le PAASIFEJ intègre également plusieurs innovations majeures, notamment un renforcement de l’approche genre en faveur de l’autonomisation économique des femmes rurales ainsi qu’un dispositif rigoureux de gestion et de suivi des impacts sociaux et environnementaux».

A noter, la gouvernance du programme sera assurée à travers un Comité national de pilotage et une unité de gestion du programme, chargés d’en garantir la bonne exécution et l’atteinte des objectifs fixés. Ce séminaire a connu une forte mobilisation des représentants des administrations, et des institutions aux niveaux central, régional et provincial (ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural, ministère de l’économie et des finances). Il a constitué une plateforme d’échange et de concertation autour des orientations stratégiques du programme, permettant d’harmoniser les approches, de coordonner les plans d’action et de consolider l’engagement collectif indispensable à la réussite de ce programme structurant au service du développement rural inclusif et durable.