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Sécurisation des paiements, lutte contre la fraude, contrôle des établissements et suivi de la relation client… Le bilan 2025 d’une supervision renforcée de BAM

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L’année 2025 a été marquée par une vigilance accrue pour préserver la confiance dans le système financier. 

Secteur bancaire : En 2025, Bank Al-Maghrib a intensifié ses actions en matière de sécurisation des moyens de paiement, de lutte contre la fraude, de contrôle prudentiel et d’amélioration de la qualité des services, avec pour objectif de consolider la confiance dans le système financier.

Bank Al-Maghrib resserre les mailles du contrôle sur le secteur bancaire. À travers la surveillance des moyens de paiement, la lutte contre la fraude, le suivi de la qualité des services et le renforcement des sanctions, la Banque centrale dresse le bilan d’une année 2025 marquée par une vigilance accrue pour préserver la confiance dans le système financier. Une dynamique observée aussi bien dans le rapport annuel de Bank Al-Maghrib sur la situation économique, monétaire et financière présenté lundi au Souverain au Palais Royal de Tétouan que dans son rapport sur la supervision bancaire dont les grandes lignes ont été dévoilées mardi à Casablanca. Le dispositif de contrôle engagé par la Banque central s’appuie sur plusieurs leviers, en l’occurence la sécurisation des transactions, le suivi des pratiques des établissements de crédit, la protection des clients et l’ exigence accrue en matière de conformité.

Les incidents de paiement sur chèques en recul

Sur le volet des moyens de paiement, les indicateurs témoignent d’une amélioration de la fiabilité des instruments financiers. Bank Al-Maghrib relève dans son rapport sur la situation économique, monétaire et financière une baisse du nombre d’incidents déclarés à la Centrale des incidents de paiement sur chèques. La Banque centrale recense, au titre de l’année 2025, 462.617 cas en baisse de 5,1 % . Le montant global de ces incidents a atteint 16,6 milliards de dirhams en amélioration de 3 % , tandis que le nombre de régularisations a diminué de 46 % à 104.710 cas pour une valeur de 2,4 milliards de dirhams. Pour leur part, les impayés sur les Lettres de change normalisées (LCN) ont baissé de 3% à 602.172 cas.

Pour ce qui est des régularisations, elles ont reculé de 11 % à 24.355 cas. Concernant la centrale des crédits, le nombre de contrats de crédits actifs a fléchi de 6 % à 5,4 millions de contrats, dont 67 % ont été établis par les banques, 17 % par les sociétés de financement, 15 % par les associations de microcrédit et 1 % par les banques et fenêtres participatives. Pour ce qui est du nombre d’emprunteurs global, il s’est situé à 3,4 millions de clients, en hausse de 8 %. Par ailleurs, BAM fait savoir que le taux de couverture, mesurant la population totale des individus recensés dans la centrale des crédits (7,4 millions de personnes) rapportée à celle âgée entre 15 et 64 ans, s’est établi à 29 % et le hit ratio, indiquant la part des demandeurs de crédit et pour lesquelles des informations sont disponibles au niveau de la Centrale, a atteint 78 %.

S’agissant de l’utilisation des services offerts par les délégataires de Bank Al-Maghrib chargés de la gestion de la centrale des crédits, le nombre de consultations effectuées par les usagers a atteint 5 millions de requêtes, dont 57 % ont porté sur le rapport de solvabilité, 25% sur l’alerting et le monitoring et 18% sur le scoring. Se référant à Bank Al-Maghrib, le service des chèques irréguliers a couvert 18,4 millions de RIB ayant enregistré des irrégularités, dont 16,3 millions émanant de comptes clôturés, 2,2 millions de ceux frappés par une interdiction bancaire ou judiciaire et 572 mille comptes frappés d’indisponibilité, tandis que 3,4 millions de chèques ont fait l’objet d’une opposition. Rappelons que dans le cadre du processus de digitalisation des services d’intérêt commun rendus au public, Bank Al-Maghrib a mis en place un portail numérique permettant aux citoyens d’accéder, de manière sécurisée, autonome et instantanée, à des informations relatives aux comptes bancaires les concernant. Les fonctionnalités mises à la disposition du public à travers ce portail couvrent plusieurs services liés aux comptes bancaires et aux incidents de paiement sur chèques. À fin 2025, ce portail a assuré le traitement de plus de 8.000 demandes, soit 40% des demandes d’information reçues par la Banque centrale.

La lutte contre le faux monnayage gagne en efficacité

Parallèlement, la lutte contre le faux monnayage a enregistré de nouveaux progrès. Le nombre de faux billets détectés en 2025 s’est établi à 4.064, en baisse de 10 % en volume et en valeur. Le ratio de contrefaçon a ainsi poursuivi sa tendance baissière, atteignant 1,2 faux billet par million de billets en circulation, contre 1,5 en 2024. Cette performance traduit notamment les efforts engagés par BAM en matière d’innovation sécuritaire, de modernisation des équipements de traitement fiduciaire et de contrôle des circuits de distribution des billets.

Contrôle prudentiel renforcé

Au-delà de la sécurisation des paiements, la Banque centrale a également renforcé son rôle de supervision. En 2025, Bank Al-Maghrib a prononcé 7 sanctions disciplinaires et 8 sanctions pécuniaires à l’encontre de plusieurs acteurs du secteur, dont 6 banques, une société de financement, un établissement de paiement et une institution de microfinance. Ces sanctions, relevées dans le 22ème rapport annuel sur la supervision bancaire, ont concerné plusieurs domaines, notamment les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, la gestion des crédits, la cybersécurité, le contrôle interne et le respect des règles prudentielles.

La qualité du service bancaire passée au crible

La vigilance s’est également étendue à la qualité de service proposée aux clients. Dans le cadre de ses missions de supervision, Bank Al-Maghrib a mené des opérations de « Mystery Shopping » auprès d’environ 500 agences relevant de six grandes banques afin d’évaluer, de manière anonyme et en conditions réelles, les conditions d’accueil, la disponibilité des équipes et la qualité des informations communiquées aux usagers.

Les résultats font ressortir un niveau globalement satisfaisant particulièrement en terme de qualité d’accueil (62 %) et la pertinence des informations et conseils fournis (53 %). Toutefois plusieurs axes d’amélioration identifiés, particulièrement en ce qui concerne la gestion des files d’attente, la prise en charge à l’accueil, l’accessibilité des agences, ainsi que la visibilité des informations tarifaires et commerciales.
Bank Al-Maghrib rappelle dans ce sens que les enseignements de cette mission alimenteront la finalisation du dispositif réglementaire relatif à la qualité d’accueil et permettront d’orienter les priorités d’amélioration du secteur bancaire.

Les réclamations des clients en hausse

Cette attention portée à la relation client intervient alors que les réclamations adressées à la Direction de la supervision bancaire ont progressé en 2025, atteignant 3.591 plaintes contre 2.298 une année auparavant. Les doléances concernent principalement le fonctionnement des comptes (28 %), les moyens de paiement (28%), les conditions de crédit (20%) et la bancassurance (3 %). Il ressort que près de 83 % des réclamations reçues, entrant dans le champ de compétences du Centre marocain de médiation bancaire (CMMB), lui ont été transférées pour traitement, fait savoir la même source. Au plan de la répartition géographique des réclamations, l’axe Casablanca-Marrakech, bien qu’en baisse significative, demeure prépondérant, avec une part de 24 %, suivi de Rabat, dont la part est de 18 %. La hausse de la part des réclamations émanant des autres régions, passée de 30 % en 2024 à 39% en 2025, reflète notamment l’impact des actions de sensibilisation et de proximité déployée par Bank Al-Maghrib à l’échelle régionale.

Notons que le taux des réclamations dénouées en faveur des plaignants s’est établi à 51 %, en baisse après 74 % en 2024. Rappelons que face à cette évolution, BAM a multiplié ses actions de sensibilisation en 2025 pour encourager le recours aux mécanismes de médiation bancaire. Un travail mené en partenariat avec les principaux acteurs concernés, notamment les représentations régionales de la CGEM, les associations de protection des consommateurs et les Chambres de commerce.