Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé un prêt de 100 millions d’euros à Gotion Power Morocco pour financer le développement d’une gigafactory intégrée de batteries à base de phosphate-fer-lithium (LFP), couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur allant des matériaux de cathode aux cellules, dans la zone franche de Rabat-Salé-Kénitra.
La Banque prévoit également de mobiliser jusqu’à 141 millions d’euros supplémentaires auprès de partenaires financiers afin de soutenir la mise en œuvre de ce projet stratégique, en sa qualité d’arrangeur principal mandaté dans le cadre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD).
Porté par Gotion High-Tech Co. Ltd., l’un des principaux fabricants mondiaux de batteries, ayant son siège à Hefei, en Chine, et dont les actions sont cotées à la Bourse de Shenzhen, le projet donnera naissance à la première usine intégrée de fabrication de batteries en Afrique et dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). Sa première phase permettra de produire 10 gigawattheures (GWh) de cellules et de packs de batteries destinés aux véhicules électriques, avant une montée en capacité progressive jusqu’à 100 GWh. Cet investissement conforte l’ambition du Maroc de s’imposer comme un pôle de référence mondial dans les domaines de la mobilité électrique et des chaînes de valeur des technologies vertes.
« Le stockage par batteries constitue le maillon manquant de la transition énergétique propre de l’Afrique. Une installation de cette envergure, alimentée principalement par des énergies renouvelables, renforce les fondations nécessaires à l’intégration à grande échelle de l’énergie solaire et éolienne, dont nos réseaux dépendent de plus en plus. Il s’agit précisément du type de projet capable de fournir une énergie fiable et à faible émission de carbone, tout en créant des emplois industriels verts et en développant les chaînes de valeur résilientes dont l’Afrique a besoin pour réussir sa transition énergétique », a déclaré Kevin Kariuki, vice-président en charge de l’électricité, de l’énergie, du climat et de la croissance verte
« Cette gigafactory constituera un puissant catalyseur pour renforcer la compétitivité industrielle du Maroc et accélérer son émergence en tant que plateforme manufacturière africaine des industries de la mobilité durable, a déclaré Achraf Tarsim, responsable pays de la Banque au Maroc. Elle contribuera à l’émergence d’un écosystème industriel africain des batteries et des véhicules électriques, tout en favorisant la valorisation locale des minerais critiques indispensables à la transition énergétique. »
Au-delà de son impact transformateur sur le secteur industriel marocain, le projet devrait créer plus de 600 emplois directs dès sa première phase et porter le taux d’intégration industrielle locale à 70 %, contribuant ainsi au développement des compétences et au renforcement des écosystèmes industriels locaux.
Le projet s’inscrit dans la vision stratégique du Groupe de la Banque africaine de développement, articulée autour des Quatre Points cardinaux, en favorisant le développement d’infrastructures résilientes, l’accélération de l’industrialisation, la valorisation des ressources naturelles africaines et le renforcement de l’intégration régionale. Il contribuera également à consolider la position du continent dans les chaînes de valeur mondiales des énergies propres et de la mobilité électrique.
En favorisant le développement de solutions de mobilité électrique et de stockage de l’énergie, le projet contribuera à accélérer la transition de l’Afrique vers une économie sobre en carbone et à favoriser le déploiement à grande échelle des énergies renouvelables.









