Traditionnellement, au début de chaque mois d’août, un document du Chef du gouvernement très attendu, à savoir la lettre de cadrage, vient préciser les contours de la prochaine loi de Finances.
Le document est attendu parce qu’il donne, à travers ses orientations, la direction que prendront l’action et les politiques publiques au cours de l’année à venir, ainsi que les premiers indices révélateurs des choix et des options qui les guideront. La lettre de cadrage de cette année, année électorale de surcroît, n’échappe évidemment pas à cette règle. Mais à la lire attentivement, on se rend vite compte qu’elle livre aussi, à travers ses éléments de langage, des indices d’un tout autre genre.
Premier constat : l’investissement revient pratiquement partout dans la note du Chef du gouvernement. À la différence près qu’il ne semble plus désigner seulement l’investissement public au sens strict du terme. L’investissement apparaît plutôt comme le moteur central, non seulement de la croissance, mais aussi de l’emploi, de l’industrie, de la souveraineté, de l’État social et des infrastructures. Il devient, en quelque sorte, le dénominateur commun de l’ensemble des politiques publiques.
Autre marqueur fort de cette lettre de cadrage : la logique de poursuite et d’approfondissement de tout ce qui a été engagé et réalisé ces dernières années.
Et dans cette logique, troisième constat : la continuité semble progressivement se transformer en projection. Un horizon dépasse désormais l’année 2027 pour faire de 2030 la véritable échéance structurante.
Cette référence ne renvoie plus seulement à la Coupe du monde. Elle apparaît de plus en plus comme l’horizon autour duquel s’organisent les grandes politiques publiques.
Replacée dans la dynamique de transformation que connaît le Maroc, cette lettre de cadrage montre surtout, en filigrane, qu’une loi de Finances, à travers une lecture plus large, peut dépasser le simple exercice budgétaire annuel. Elle gagne en cohérence quand elle s’inscrit dans une trajectoire de développement dont l’horizon dépasse l’année qu’elle est censée préparer.









