Dans le tourisme, l’acte de voyager commence le plus souvent par le choix du lieu, de la destination. L’hébergement et les détails logistiques ne viennent qu’ensuite. C’est une logique que les opérateurs et spécialistes du tourisme connaissent parfaitement.
Et le choix d’une destination dépend de plusieurs facteurs. D’abord, naturellement, de sa visibilité et de sa notoriété qui sont, en grande partie, le résultat de l’effort et de l’investissement en communication. Ensuite, et c’est probablement le plus important, du retour d’expérience que font les touristes eux-mêmes une fois rentrés chez eux.
Leurs témoignages sur ce qu’ils ont vécu durant quelques jours peuvent même être bien plus déterminants. Pas seulement pour ce qui est de la qualité des services, de l’accueil, de l’hébergement, de la restauration ou de la mobilité, mais aussi et surtout sur le degré de conformité de l’expérience avec la promesse faite au voyageur.
Et puis il y a un dernier paramètre : la surprise. Le petit bonus qui ne figure pas forcément dans les catalogues et les prospectus et que le voyageur découvre une fois sur place.
Tout cela contribue progressivement à construire la réputation d’une destination auprès d’un marché. Et cela réserve parfois bien des surprises.
Personne ne pouvait, il y a quelques années encore, prédire le capital sympathie et le succès qu’une petite ville comme Chefchaouen allait susciter dans un pays aussi lointain que le Japon. Et pourtant, posez au hasard la question «Que connaissez-vous du Maroc ?» ou «Quelle ville aimeriez-vous visiter au Maroc ?» dans un endroit public, un restaurant, le hall d’un hôtel ou dans le métro de Tokyo : il y a de fortes chances que la réponse soit «Chefchaouen» !
Le plus intéressant vient après. Lorsque des groupes japonais arrivent au Maroc avec Chefchaouen comme destination principale, ils découvrent forcément, durant leur périple, d’autres villes, d’autres paysages, d’autres expériences.
Une destination de niche peut ainsi devenir la porte d’entrée vers beaucoup plus grand qu’elle.
Et c’est peut-être aussi de cette manière qu’il faut regarder les marchés touristiques. Il n’est pas toujours nécessaire de commencer par chercher à vendre tout le Maroc à tout le monde. Une ville, un lieu, une expérience particulière peuvent parfois suffire pour donner la première envie. Le reste du pays se chargera ensuite de faire le voyage.










