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Amortisseurs

© D.R

Les analystes des chiffres des échanges extérieurs s’attardent le plus souvent sur quelques indicateurs clés comme le taux de couverture ou, surtout, le déficit commercial. Ce dernier est particulièrement scruté parce qu’en comparant ce que le Maroc exporte et ce qu’il importe comme biens et marchandises, il permet plusieurs lectures à la fois.
Il renseigne sur le niveau de sophistication de l’offre marocaine et donc de l’appareil productif national, le degré de dépendance à l’égard de certaines familles de produits et les points de fragilité à surveiller. Il permet aussi d’identifier les secteurs locomotives de l’export.
Le déficit commercial est ainsi souvent considéré comme un indicateur de la performance du Maroc à l’international. Mais il ne dit pas tout.
Car à côté des échanges de marchandises, le Maroc dispose d’autres sources importantes de devises : tourisme, services, transferts des Marocains du Monde ou encore investissements directs étrangers.

Les chiffres de l’Office des changes à fin juillet sont, à ce titre, parlants. Face à un déficit commercial de quelque 120 milliards de DH pour les biens et marchandises, le Maroc dégage un excédent de près de 95 milliards de DH dans les échanges de services. À cela viennent s’ajouter quelque 75 milliards de DH de transferts des Marocains du Monde et près de 29 milliards de DH d’IDE (lire l’article en page 8).
Ces flux ne sont évidemment pas de même nature et ne peuvent être simplement additionnés pour effacer comptablement le déficit commercial. Mais ils jouent, chacun à leur manière, un rôle d’amortisseur essentiel pour les équilibres extérieurs du pays.

C’est aussi ce qui permet au Maroc de conserver un matelas confortable de réserves en devises malgré un déficit commercial structurel.
L’enjeu reste évidemment d’exporter davantage de biens, de produire localement une partie de ce qui est encore importé et d’améliorer le taux de couverture. Mais la solidité extérieure d’une économie ne se mesure pas uniquement à ses conteneurs qui entrent et qui sortent. Tourisme, services, investissements et Marocains du Monde sont devenus, eux aussi, de véritables amortisseurs qu’il faut préserver et renforcer.
Et, naturellement, plus les sources de devises sont nombreuses et diversifiées, moins les équilibres du pays sont exposés…

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