EmploiUne

Retour à l’heure GMT : Soulagement psychologique ou accroissement de la performance ?

© D.R

Travail  
Le pays quitte définitivement le fuseau GMT+1 appliqué depuis 2018. Concrètement, les horloges reculeront de 60 minutes le 20 septembre à 2 heures du matin. C’est un véritable soulagement qui a été manifesté chez la plupart des personnes actives depuis l’annonce faite par le gouvernement. Et les experts décryptent l’impact sur le psychique et sur la performance de l’entreprise.

« Tout le monde est content. J’entends les entreprises et les salariés parce que nous revenons à l’heure normale et par la même occasion à notre normalité. Surtout lors des saisons d’automne et en hiver. C’est très dur avec les enfants, le réveil est très matinal et se préparer pour aller au travail est tout aussi stressant. C’est un véritable parcours du combattant pour les parents en activité professionnelle. Pour les entreprises, c’est également une bonne chose. En fait tout se fait au niveau du psychique. Vous ne pouvez pas vous imaginer le nombre d’entreprises et de salariés qui étaient contents lors de l’annonce faite par le gouvernement actuel quand il a décidé de revenir définitivement à l’heure normale à partir du 21 septembre. Bref, ça arrange tout le monde. Revenir à l’heure normale c’est revenir à notre normalité… », déclare, Ali Serhani, DG de Gesper services recrutement et conseil RH

De son côté, Jihane Benslimane, fondatrice et DG de Hera Advisory Group, revient sur le débat de l’heure GMT+1 qui concerne le rythme de vie, les enfants, les déplacements, la fatigue ou encore le sentiment de commencer sa journée trop tôt. La coach entend cela dit répondre à la question cruciale: «Quel est l’impact réel de nos horaires sur la performance des collaborateurs et, par conséquent, sur celle de nos entreprises ?»
« En tant que consultante Hera Advisory Group intervenant auprès des organisations, je pense que nous devons dépasser la seule question de l’heure légale. Il faut aussi nous interroger sur la manière dont nous organisons concrètement le travail au Maroc. Un collaborateur qui commence sa journée, sans énergie, qui passe beaucoup de temps dans les transports, qui doit gérer les horaires scolaires de ses enfants et qui termine tard sa journée n’est pas nécessairement plus performant parce qu’il a passé davantage d’heures sur son lieu de travail. Le présentéisme, qui désigne le fait qu’un salarié puisse être physiquement présent sur son lieu de travail même s’il est inefficace ou moins productif, ne doit pas être confondu avec la performance positive. C’est probablement là que se trouve une partie de la controverse que nous n’avons pas encore suffisamment.

Depuis la crise Covid, la flexibilité des horaires est devenue un sujet central dans la réflexion sur l’avenir du travail. Pourtant, si le principe est largement discuté à l’échelle internationale, il reste encore peu traduit dans les pratiques de nombreuses entreprises marocaines », explique-t-elle à ce niveau.
Pour cette experte en organisation des entreprises, il s’agit plutôt de s’interroger sur la conception même du travail. « Il me semble qu’en tant que managers et dirigeants, nous ne devons plus associer systématiquement présence et productivité. Être présent plus longtemps ne signifie pas nécessairement être plus performant. Les objectifs atteints, la qualité du travail et la valeur créée sont souvent des indicateurs bien plus pertinents que le temps passé au bureau », poursuit-elle.
La messe est dite. « L’enjeu est donc de dépasser les idées préconçues et de réfléchir aux conditions dans lesquelles les collaborateurs donnent le meilleur d’eux-mêmes. Le rôle du management n’est plus seulement de contrôler le temps de présence, mais de créer les conditions de la performance positive », conclut-elle.