Entrée en vigueur d’une nouvelle loi bancaire, concurrence des néobanques et «super apps», changements dans les tours de table…
Banques et finances
A l’instar de plusieurs autres secteurs stratégiques, les métiers de la banque sont à la veille de profondes mutations au Maroc.
Le point.
C’est le compte à rebours pour l’avant-dernier conseil d’administration de la Banque centrale prévu au cours de ce mois de septembre. Un conseil d’administration qui arrive quelque temps seulement après la publication au Bulletin officiel de la nouvelle loi modifiant et complétant la loi n° 103.12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés ainsi que la loi portant statut de Bank Al-Maghrib. Des textes qui introduisent des nouveautés importantes pour le fonctionnement du secteur bancaire au Royaume face à des mutations profondes. Nadia Fettah, ministre de l’économie et des finances, a précisé lors du débat au Parlement que ce texte législatif intervient dans un contexte de mutations économiques et financières accélérées de par le monde, avec l’interconnexion croissante des systèmes financiers et le besoin accru en cadres juridiques et réglementaires plus aptes à faire face aux crises et à en atténuer les effets.
La même source avait précisé que la mise en œuvre optimale de cette loi constitue un pilier essentiel pour compléter et renforcer le cadre juridique relatif au traitement des difficultés des établissements de crédit, notant que cela passe par l’établissement de mécanismes plus efficaces d’intervention précoce et de résolution et la mise à la disposition des autorités compétentes des moyens légaux et réglementaires nécessaires pour préserver la stabilité du secteur bancaire et assurer la pérennité de ses fonctions vitales.
Parmi les nouveautés phares proposées, il y a la création d’un nouveau mécanisme de résolution bancaire confié à une autorité présidée par le wali de Bank Al-Maghrib et composée de huit membres, de la définition de procédures et de garanties destinées à protéger les créanciers et les déposants, sans oublier la mise en place d’un dispositif de financement de la résolution reposant sur le Fonds collectif de garantie des dépôts. Le texte offre également la possibilité d’un soutien exceptionnel de l’Etat en dernier recours. Pour les responsables, la nouvelle loi doit surtout permettre au Royaume d’accompagner les évolutions rapides du secteur bancaire.
Concurrence
Il faut dire que l’arrivée de l’IA et l’omniprésence du digital finiront par complètement métamorphoser les pratiques. Des nouveautés ont déjà été déployées. La création de la première néobanque marocaine s’inscrit dans ce même ordre d’idées.
Selon la définition la plus répandue en ligne, «une néobanque, qui signifie stricto sensu «nouvelle banque», est un établissement de paiement dont les services sont accessibles principalement en ligne». Les néobanques sont généralement exclusivement accessibles depuis une application depuis un smartphone alors que d’autres utilisent des commerçants de proximité comme les buralistes. Elle se caractérise par son absence d’agences bancaires, comme la banque en ligne, mais s’en distingue par son absence de licence bancaire.
Leur nombre augmente avec la popularisation de l’usage du smartphone, notamment dans les pays développés et émergents. Le marché marocain ne déroge pas à la règle avec des projets qui pourraient voir le jour dans les prochains mois ou années. C’est d’autant plus vrai que les consommateurs sont demandeurs de nouvelles solutions sur le plan financier et bancaire avec de nouveaux canaux de distribution basés sur les nouvelles technologies et le digital pour accompagner les mutations et les changements des habitudes de consommation et de déplacements.
D’autres super apps sont attendues sur le marché national, ce qui va sans nul doute avoir un impact supplémentaire sur les pratiques au niveau du secteur bancaire.
Fusion-acquisition
Un secteur qui vit également au rythme de changements dans les tour de table. Après plusieurs opérations au cours des deux dernières années, les prochains mois pourraient connaître également d’autres mouvements. Dans ce sens, le Conseil de la concurrence avait officialisé en juin dernier la réception de la notification d’un projet d’opération de concentration économique concernant la prise par la société « Holmarcom Finance Company SA » du contrôle exclusif de la «Banque marocaine pour le commerce et l’industrie, BMCI SA ». « Holmarcom Finance Company SA » est une société anonyme de droit marocain, immatriculée au registre de commerce de Casablanca. Cette société opère dans les secteurs de l’assurance et de la banque ainsi que dans les services financiers spécialisés. La société « Holmarcom Finance Company SA » est une filiale de la société «Holmarcom SA », détenue à hauteur de 81.98% de son capital social. « Holmarcom SA » est une société anonyme de droit marocain, dont le siège social est situé à Casablanca. La société opère principalement dans la finance, l’agro-industrie, la distribution et la logistique ainsi que l’immobilier. La «Banque marocaine pour le commerce et l’industrie, BMCI SA » est une société anonyme de droit marocain, dont le siège social est situé également à Casablanca. La «Banque marocaine pour le commerce et l’industrie, BMCI SA » opère dans le secteur bancaire en offrant une gamme complète de produits financiers destinés aux particuliers, entreprises et institutionnels.
Pour rappel, Holmarcom et le Crédit Agricole avaient conclu en 2022 l’opération d’achat d’une participation majoritaire dans le Crédit du Maroc. A noter que le groupe Holmarcom avait également des parts dans une troisième banque sur le marché, en l’occurrence le CIH. Cette dernière avait enregistré une opération réalisée par la CDG. En effet, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) avait annoncé en juillet dernier que la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) a déclaré avoir cédé, en date du 14 juillet 2026, 1.815.738 actions CIH Bank sur le marché de blocs, au cours unitaire de 354 dirhams, franchissant ainsi directement à la baisse le seuil de participation de 5% dans le capital de ladite société. Suite à cette opération, la CDG déclare ne plus détenir directement aucune action CIH Bank, fait savoir l’AMMC dans un communiqué. Elle détient indirectement 19.636.157 actions CIH Bank, soit 55,15% du capital social, à travers sa filiale Massira Capital Management. Dans les six mois qui suivent le franchissement du seuil précité, la CDG envisage d’arrêter ses ventes sur la valeur CIH Bank, et de continuer à siéger au conseil d’administration de CIH Bank.
Taux directeur
Banque centrale Le conseil de Bank Al-Maghrib a tenu, mardi 23 juin, sa deuxième réunion trimestrielle de l’année 2026. Lors de cette session, les responsables ont décidé de maintenir le taux directeur inchangé à son niveau actuel. «Au regard de l’évolution prévue de l’inflation à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix à moyen terme ; de la consolidation de la dynamique de l’activité économique ; et de la forte incertitude entourant les perspectives économiques à l’échelle internationale, le conseil a jugé approprié de maintenir le taux directeur inchangé à 2,25%», avait annoncé la Banque centrale à l’issue de son conseil d’administration. Le conseil de Bank Al-Maghrib a par la suite analysé l’évolution de la conjoncture internationale, marquée par les implications du conflit au Moyen-Orient qui a fortement perturbé les chaînes d’approvisionnement, accentué les pressions inflationnistes et exacerbé les incertitudes entourant les perspectives de l’économie mondiale. Sur le plan de l’activité économique, les données des comptes nationaux annuels au titre de 2025 indiquent une amélioration de la croissance, portée par une nette progression de la production agricole et par une consolidation du rythme des activités non agricoles. Cette dynamique devrait se poursuivre cette année grâce aux conditions climatiques très favorables et au raffermissement, quoiqu’à un rythme moins rapide que prévu précédemment des activités non agricoles.










