EditorialUne

Agilité

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La redistribution des cartes actuellement en marche dans le secteur de l’offshoring est d’abord un signal. Lorsque des opérateurs nationaux et des investisseurs internationaux, professionnels aguerris de ce métier, décident de renforcer leurs positions au Maroc, ce n’est certainement pas par hasard.
Ces mouvements capitalistiques interviennent pourtant à un moment où de grandes interrogations entourent l’avenir de l’offshoring marocain (lire l’article en pages 4 à 6).
Changements réglementaires dans certains marchés importants, notamment en France, mais surtout arrivée massive de l’intelligence artificielle : les motifs d’inquiétude ne manquent pas pour une filière qui emploie aujourd’hui quelque 150.000 salariés et ne génère pas moins de 26 milliards DH de chiffre d’affaires à l’export.
L’IA peut désormais automatiser une partie des tâches qui ont justement fait le succès des centres de relation client. Et demain probablement beaucoup plus.
Mais la question n’est peut-être déjà plus de savoir si l’IA va supprimer des emplois dans les call centers. Ce sera probablement le cas sur certaines tâches. La vraie question est de savoir ce que le Maroc fera des emplois, des compétences et de l’écosystème qu’il a construits depuis près de vingt ans.
L’offshoring offre peut-être aujourd’hui le premier véritable test grandeur nature de l’impact de l’IA sur l’emploi au Maroc.
On peut subir cette transformation et regarder progressivement disparaître les activités les plus facilement automatisables. Ou, au contraire, s’appuyer sur ce qu’on possède déjà pour monter rapidement dans la chaîne de valeur: ingénierie, data, cloud, cybersécurité, services numériques et métiers à plus forte valeur ajoutée.
Le Maroc a su construire une industrie de l’offshoring performante en misant sur ses compétences, sa proximité avec l’Europe, ses infrastructures et sa compétitivité. Il devra désormais démontrer qu’il est suffisamment agile pour la transformer avant que la technologie ne le fasse à sa place.
L’IA ne signe donc pas nécessairement la fin de l’offshoring marocain. Elle pourrait surtout signer la fin de l’offshoring tel que nous l’avons connu.