En se dotant d’un schéma directeur dédié
Terres agricoles
La région Casablanca-Settat prévoit la mise en place d’un schéma directeur dédié à la conservation des sols et des ressources en eau ainsi qu’à la collecte des eaux pluviales. Porté par le ministère de l’agriculture, le projet vise à identifier les zones les plus vulnérables à l’érosion et au déficit hydrique, à cartographier les sites prioritaires et à proposer des techniques adaptées de conservation et de mobilisation de l’eau. L’étude lancée couvrira neuf provinces et préfectures et servira de base à un plan d’action régional. Celui-ci s’inscrit dans le cadre de la stratégie Génération Green et vise à renforcer la résilience de l’agriculture face à la dégradation des terres, au stress hydrique et aux sécheresses récurrentes.
La région Casablanca-Settat devra bientôt se doter d’un schéma directeur consacré à la conservation des ressources en sols et en eaux ainsi qu’à la collecte et à la valorisation des eaux pluviales. Elle entend disposer d’un cadre d’intervention permettant de mieux anticiper la dégradation des terres, de renforcer la résilience de l’agriculture face au stress hydrique et de favoriser une gestion plus durable des ressources naturelles. Porté par le ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, à travers sa direction régionale de l’agriculture (DRA), ce projet vise à établir un programme d’aménagement destiné à lutter contre la dégradation des terres agricoles et à définir les techniques les mieux adaptées à la mobilisation des eaux de pluie dans les zones concernées. L’étude devra notamment dresser un diagnostic global des risques de dégradation des sols et évaluer la perception de ces risques par les gestionnaires des terres. Elle cherchera également à identifier les principaux facteurs à prendre en compte pour limiter l’érosion, faire face au déficit hydrique et, à terme, favoriser l’intensification de la production agricole. Un important travail de ciblage et de cartographie sera ainsi réalisé afin de déterminer les zones d’intervention prioritaires, en fonction de l’ampleur de la dégradation des terres et des conditions de mise en œuvre des actions.
L’étude prévoit également d’identifier, à partir de la topographie, les sites présentant un potentiel pour la collecte des eaux pluviales à des fins agricoles et de définir les techniques les plus adaptées aux différentes unités agroécologiques de la région. Le dispositif comprendra par ailleurs l’analyse des mesures susceptibles de faciliter la mise en œuvre du futur programme d’intervention et d’en assurer la réussite et la pérennité. Il prévoit aussi l’élaboration d’un recueil juridique des textes encadrant la conservation des eaux et des sols (CES) au Maroc, la réalisation de prises de vue aériennes par drone des zones sensibles prioritaires ainsi que des enquêtes et des plans parcellaires sur ces mêmes territoires.
Défis
La direction régionale de l’agriculture rappelle que l’agriculture occupe une place stratégique dans l’économie nationale. Le secteur contribue à la sécurité alimentaire, à la création d’emplois et à la croissance économique, tout en constituant une source essentielle de revenus pour une large partie de la population, notamment dans les zones rurales. « Une productivité agricole élevée est donc essentielle pour répondre aux besoins croissants du pays, optimiser l’exploitation des ressources naturelles et assurer un développement durable », souligne la DRA. Mais cette ambition se heurte à une contrainte majeure, à savoir la dégradation des terres.
Dans plusieurs régions du Royaume, l’érosion hydrique constitue l’une des principales menaces pesant sur les terres agricoles. Elle entraîne des dommages agro-pédologiques et affecte les infrastructures hydrauliques, aussi bien dans les périmètres irrigués que dans les zones d’agriculture pluviale. Les conséquences concernent également la pérennité des terres cultivables et des parcours pastoraux, avec des impacts à la fois sur les équilibres hydropédologiques et sur la topographie des sites. Selon une étude de la Banque mondiale menée en 2017, citée par la direction régionale de l’agriculture, la dégradation des sols représente ainsi un coût économique important pour le Maroc, estimé à 0,54 % du PIB national.
Plan d’action
La stratégie Génération Green accorde une importance particulière à la gestion durable des ressources naturelles. Dans ce sens, la direction de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole (DIAEA) prévoit la mise en œuvre d’un plan d’action consacré à la conservation et au développement des terres agricoles vulnérables. Ce plan reposera notamment sur les résultats des études relatives aux schémas directeurs régionaux visant à identifier, d’une part, les sites vulnérables nécessitant des interventions de conservation des eaux et des sols et, d’autre part, les sites présentant un potentiel pour la collecte des eaux pluviales. La démarche devra également tenir compte d’une réalité de plus en plus prégnante dans les zones d’agriculture pluviale : la dégradation des terres ne peut être dissociée du déficit hydrique et de la récurrence des épisodes de sécheresse.
Zones ciblées
Le périmètre de l’étude couvre l’ensemble de la zone d’action de la direction régionale de l’agriculture de Casablanca-Settat. Il englobe neuf provinces et préfectures (Casablanca, Mohammedia, Nouaceur, Médiouna, El Jadida, Benslimane, Berrechid, Settat et Sidi Bennour). Il s’agit d’aboutir à un véritable plan d’action régional pour la conservation des ressources en sols et en eaux et la collecte des eaux pluviales. Pour y parvenir, l’approche retenue repose d’abord sur la synthèse et la capitalisation des études et actions menées au cours de la dernière décennie sur les problématiques liées à la conservation des eaux et des sols et à la mobilisation des ressources hydriques. L’étude devra ensuite analyser les caractéristiques physiques et socio-économiques de la zone concernée, avec un accent particulier sur les territoires vulnérables. Il s’agira notamment de mesurer l’ampleur de la dégradation des ressources naturelles, de répondre aux déficits en eau et de mieux couvrir les besoins en eau domestique, pour l’abreuvement du cheptel et pour l’irrigation.
La dernière étape consistera à identifier les zones prioritaires d’intervention au sein des territoires prédéfinis, puis à élaborer, pour chacune d’elles, un programme d’aménagement adapté. Celui-ci devra articuler deux objectifs complémentaires : préserver les sols et les ressources en eau tout en développant la collecte et la valorisation des eaux pluviales.









