Technologies
Le technostress désigne l’ensemble des tensions psychologiques, cognitives et comportementales induites par l’usage des technologies numériques au sein des organisations.
L’Institut royal des études stratégiques (IRES) met en avant les effets psychologiques, cognitifs et comportementaux des technologies numériques dans les organisations. Appelé « Technostress », ce concept présente un intérêt particulier pour le Maroc, selon la même source. Comme l’explique l’Institut dans son analyse, le Maroc s’est engagé, sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dans un processus de transition numérique ambitieuse visant à moderniser l’administration, améliorer la qualité des services publics et renforcer la compétitivité de l’économie nationale. « Cette orientation s’est traduite par le lancement de plusieurs stratégies numériques successives ainsi que par l’adoption de la stratégie Maroc Digital 2030, qui vise à accélérer la digitalisation des services, à développer les compétences numériques et à renforcer l’attractivité du Royaume dans les secteurs technologiques. Cette transformation s’accompagne d’une diffusion croissante des outils numériques dans les administrations publiques, les entreprises et les établissements d’enseignement.
Si ces évolutions constituent des leviers importants d’efficacité, d’innovation et d’inclusion, elles soulèvent également de nouveaux enjeux liés à l’adaptation des individus et des organisations aux mutations technologiques », explique l’IRES précisant que ce concept permet d’analyser les effets humains et organisationnels associés à la numérisation croissante des activités, notamment en matière d’évolution des pratiques professionnelles, de développement des compétences numériques, d’accompagnement du changement et de qualité de vie au travail. « Le concept offre également un cadre de réflexion utile pour appréhender les défis liés à l’hyperconnectivité, à la surcharge informationnelle et aux nouvelles formes d’organisation du travail induites par la transformation numérique.
Il contribue ainsi à mettre en lumière les conditions nécessaires à une appropriation durable des technologies numériques par les agents, les organisations et les usagers», indique la même source. « Par ailleurs, l’essor de l’intelligence artificielle générative ouvre de nouvelles perspectives en matière d’automatisation, d’aide à la décision et d’amélioration de la productivité. Cette évolution soulève toutefois des interrogations relatives à l’évolution des compétences, à l’adaptation des métiers et aux conditions d’intégration de ces technologies dans les environnements professionnels. Dans cette perspective, le technostress constitue un outil d’analyse pour anticiper les effets potentiels de ces transformations et accompagner leur déploiement dans une approche centrée sur l’humain », relève-t-on soulignant qu’ au-delà de sa dimension psychosociale, le technostress apparaît comme un concept utile pour éclairer les conditions de réussite d’une transition numérique conciliant performance organisationnelle, innovation technologique et bien-être au travail.
Selon l’IRES, le concept de technostress offre un cadre analytique pour mettre en relief les tensions pouvant émerger d’un décalage entre l’évolution rapide des technologies, l’exigences professionnelles et les capacités d’adaptation des individus et des organisations. «Dans un contexte marqué par l’hyperconnectivité, la multiplication des flux informationnels et la généralisation des environnements numériques de travail, le technostress offre un éclairage utile pour appréhender les nouvelles manifestations de la fatigue cognitive et de la surcharge informationnelle. Cette approche s’inscrit dans le prolongement des travaux récents de l’OMS et de l’OIT, qui identifient les mutations technologiques et l’intensification du travail numérique parmi les facteurs susceptibles d’affecter la santé mentale et le bien-être au travail », rapporte la même source.
Diagnostic
Ledit concept permet d’éclairer plusieurs problématiques contemporaines, à savoir les effets de la connectivité permanente sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée,
les impacts de la surcharge numérique sur la concentration, la santé mentale et la qualité de vie au travail, les répercussions du travail hybride et du télétravail intensif,
les tensions liées à l’intégration rapide de nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle générative, et les besoins croissants en accompagnement au changement, en montée en compétences numériques et en prévention des risques psychosociaux. «L’intérêt du concept réside, également, dans sa capacité à dépasser une lecture exclusivement technophile ou technophobe de la transformation numérique.
La littérature scientifique souligne ainsi le caractère ambivalent des technologies numériques et des outils d’intelligence artificielle, dont les effets dépendent moins de leur nature propre que des configurations institutionnelles, des compétences numériques, du management et des capacités d’accompagnement mises en œuvre. Une innovation peut ainsi être perçue comme un facteur d’autonomisation et de gain d’efficacité, ou, à l’inverse, comme une source de pression, d’incertitude ou de surcharge cognitive», précise la même source notant que plus récemment l’avènement de l’intelligence artificielle générative a confirmé l’actualité et l’utilité du concept de technostress pour comprendre les transformations du travail dans les institutions contemporaines. « Au-delà des gains d’efficience attendus, le déploiement de ces technologies suscite des défis majeurs pour les individus et les organisations.
Le technostress offre ainsi une grille de lecture indispensable pour analyser les tensions liées à l’intensification des exigences de performance et à l’automatisation croissante des processus, tout en soulignant l’importance du maintien d’une supervision humaine effective dans la prise de décision. Dans ce sens, il constitue un prisme d’analyse permettant de définir les conditions d’une transformation numérique soutenable, conciliant innovation, efficacité opérationnelle et préservation du bien-être psychosocial», indique la même source.









