EditorialUne

La crédibilité par l’action

© D.R

Il y a une grande différence entre un programme construit sur la base d’un retour d’expérience, de réalisations déjà faites sur le terrain et d’un processus d’écoute et d’interaction engagé depuis des années, et un catalogue d’objectifs, voire de promesses, élaboré sur des bases plus théoriques que pratiques.
Dans le premier cas, l’exercice dépasse largement le simple contexte électoral. Il ne s’agit pas d’aligner une somme de mesures mais de construire un ensemble cohérent de politiques publiques à partir d’une expertise déjà acquise.
Ici, ce que l’on propose pour demain est nourri de ce que l’on a appris hier et de ce que l’on fait aujourd’hui.
C’est toute la force du retour d’expérience. Une politique publique déjà mise en œuvre permet de savoir ce qui fonctionne, ce qui fonctionne moins bien, ce qu’il faut corriger, accélérer ou parfois abandonner. L’action permet de confronter les ambitions à la réalité du terrain, aux contraintes budgétaires, administratives et humaines.
Dans le second cas, la démarche est forcément différente. On part d’un diagnostic pour imaginer ce que l’on voudrait faire ou ce que l’on pense pouvoir faire. Les intentions peuvent être bonnes, les objectifs ambitieux et les solutions séduisantes. Mais il reste encore à passer l’épreuve de la mise en œuvre.
Et c’est là que se joue une grande partie de la crédibilité d’un programme.
Il y a celui qui explique ce qu’il va poursuivre, amplifier ou transformer, fort de ce qu’il a déjà réalisé, expérimenté et parfois corrigé. Et il y a celui qui présente comme solutions des actions qu’il s’apprête encore à tester.
Les deux peuvent promettre. Les deux peuvent afficher des objectifs. Mais l’un dispose de quelque chose que l’autre doit encore acquérir : l’expérience de l’exécution.
Entre une idée qui paraît bonne sur le papier et une politique publique qui fonctionne réellement, il existe souvent une distance considérable.
Et en politique comme ailleurs, la meilleure démonstration de ce que l’on peut faire reste encore ce que l’on a déjà été capable de faire.