Le ministère de l’économie et des finances publie un rapport de cadrage macroéconomique
Budget. Pour le dernier projet de loi de Finances de la mandature actuelle, les responsables promettent de poursuivre les grandes réformes pour répondre aux attentes.
Les détails.
Le décor du PLF 2027 (projet de loi de Finances) est planté. Le ministère de l’économie et des finances publie un rapport d’exécution budgétaire et de cadrage macroéconomique. «Le gouvernement s’engage à travers le PLF 2027 à mettre en œuvre les Hautes Orientations Royales visant à accélérer le processus de développement du pays, notamment par la consolidation de l’investissement public, la gestion proactive et durable des ressources hydriques, le renforcement de la dynamique de modernisation de l’administration publique, la poursuite de la mise en œuvre des stratégies sectorielles, ainsi que le soutien à l’entreprise et la promotion de l’investissement privé», lit-on dans le rapport consulté par ALM.
«Ces orientations stratégiques en faveur d’un développement durable et efficace ont fait du Maroc un opérateur économique de premier plan, et un acteur crédible pour les partenariats internationaux. La pertinence de ses choix, notamment à travers l’accueil et l’organisation exemplaire des grands événements nationaux et internationaux, ayant suscité un engouement mondial, traduit l’engagement du Royaume à accélérer la mise en œuvre des projets structurants et des priorités stratégiques nationales afin de renforcer son rayonnement, son attractivité et sa compétitivité. Le PLF 2027 accompagne cette dynamique et renforce les efforts déployés pour mettre en place les jalons d’une infrastructure moderne, robuste et aux standards mondiaux», précise la même source.
Investissement
Le gouvernement s’engage à poursuivre les projets d’envergure visant le développement des infrastructures relevant des secteur routier, ferroviaire, aérien et portuaire, notamment par : Le renforcement du réseau national d’autoroutes qui a atteint 1.800 kilomètres dont 1.750 ouvrages d’art, par la poursuite de la réalisation de l’autoroute continentale Rabat-Casablanca, ainsi que les travaux de l’autoroute Guercif-Nador ; la poursuite des travaux de renforcement de l’infrastructure routière par les projets de la voie express Ain Ouda–Oued Zem, ainsi que les travaux de liaison routière du Port Nador West Med au réseau routier national, favorisant ainsi la liaison des bassins économiques aux grands pôles urbains, la promotion de la sécurité routière et la réduction des disparités spatiales ; la poursuite de la mise en œuvre du programme d’investissement ferroviaire à l’horizon 2030 qui vise à consolider les performances du réseau ferroviaire, par le prolongement de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) sur l’axe Kénitra-Marrakech qui s’étendra sur 430 kilomètres, outre la mise en place du projet Réseau Express Régional (RER) dans les régions de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Marrakech-Safi, ainsi que le renforcement de la connectivité entre le transport ferroviaire et aérien par la construction d’une gare ferroviaire reliant l’aéroport Mohammed V de Casablanca à la LGV, permettant ainsi de consolider la cohésion spatiale et économique entre les différentes régions du Royaume ; le renforcement des efforts déployés dans le cadre de développement des capacités des aéroports par le lancement de la stratégie «Aéroports 2030 » visant le soutien à la dynamique que connait le secteur du transport aérien dans l’objectif d’atteindre une capacité de 80 millions de passagers à l’horizon 2030, notamment par la poursuite des projets de renforcement de la capacité d’accueil et de la compétitivité des aéroports Mohammed V de Casablanca, Al Massira d’Agadir, Saïss de Fès, Menara de Marrakech et Ibn Battouta de Tanger, ainsi que le renforcement de la flotte de Royal Air Maroc pour atteindre 200 avions à l’horizon 2037 avec l’ouverture de plus de 100 destinations internationales et 46 lignes intérieures.
Scoring
Compte tenu du rôle stratégique de l’investissement productif dans la stimulation de la croissance économique, la création de l’emploi et le renforcement de l’attractivité du Maroc parmi les nations émergentes, le gouvernement s’emploie, en conformité avec les Hautes Orientations Royales, à adopter une politique vigoureuse de soutien à l’investissement privé en vue d’accroître sa contribution à la dynamique économique nationale, notamment par : la poursuite de la mise en œuvre de la Charte de l’investissement qui vise à renforcer l’impact de l’investissement privé en mettant l’accent sur la création d’emplois, la consolidation de l’investissement dans les secteurs prioritaires, l’équité territoriale, ainsi que la substitution aux importations par le soutien de la production locale et la promotion des exportations ; l’accélération de la mise en place du dispositif de soutien spécifique destiné aux TPME, la facilitation de leur accès au financement bancaire par l’octroi de crédits adaptés et de garanties simplifiées, la mise en place d’un système national de notation (Scoring), ainsi que la création d’un écosystème d’accompagnement des entreprisses lors des différentes étapes de leur cycle de vie ; l’accélération de la promulgation et de la mise en œuvre de la réforme du décret relatif aux marchés publics, qui prévoit plusieurs mesures importantes en faveur du soutien aux TPME, notamment le relèvement du seuil annuel des prestations réalisées par bons de commande de 500.000 dirhams à 800.000 dirhams, et du seuil de l’appel d’offres ouvert simplifié de 1 MDH à 1,5 MDH.
Etat social
Conformément aux Hautes Orientations Royales, le gouvernement réaffirme son engagement à travers le PLF 2027 à renforcer son action et intensifier ses efforts en faveur de la poursuite de la consolidation des piliers de l’Etat social. Cet engagement traduit l’importance que l’Etat accorde à la consécration de la centralité du citoyen en tant qu’acteur, moteur et la finalité de tous les projets de réformes et de développement.
A cet égard, l’année 2027 connaîtra la poursuite du chantier Royal de la généralisation de la protection sociale qui a enregistré un progrès notable, notamment en termes de généralisation de l’Assurance maladie obligatoire de base (AMO) et le déploiement du régime de l’Aide sociale directe (ASD), accélérant ainsi l’édification d’un véritable Etat social, protecteur et garant des équilibres sociaux et économiques. Par ailleurs, le gouvernement ambitionne de garantir la pérennité de ces chantiers par la préservation des équilibres financiers et le renforcement de l’autonomisation des bénéficiaires, notamment à travers : L’adoption du projet de loi n° 041.26 modifiant et complétant la loi n° 58.23 qui vise à faciliter l’accès des bénéficiaires des ASD au marché de travail formel par l’instauration d’une prime exceptionnelle accordée une seule fois au profit des ménages devenus inéligibles aux aides sociales directes, à la suite de la déclaration du chef de famille ou de l’un des conjoints au régime de la sécurité sociale du secteur privé ; le renforcement du rôle de l’Agence nationale du soutien social (ANSS) dans l’insertion des bénéficiaires des ASD dans le marché de travail formel, à travers la mise en œuvre d’un ensemble de mesures incitatives comprenant notamment l’octroi des primes de recherche d’emploi, ainsi que des primes pour la garde d’enfants.
Cette démarche s’accompagne du renforcement des mécanismes de suivi et d’évaluation permettant d’évaluer l’efficacité des dispositifs mis en place, en vue de leur amélioration et de leur généralisation à l’échelle nationale ; le renforcement des mécanismes de préservation des équilibres financiers dans le financement des régimes de protection sociale à travers le déploiement de plusieurs mécanismes, dont notamment le projet de décret n° 2.25.631, modifiant et complétant le décret relatif aux conditions et modalités de fixation du prix de vente au public des médicaments fabriqués localement ou importés, qui permettra à la fois d’améliorer l’accès des citoyens aux soins, de réduire la charge financière supportée par les assurés d’environ 866 MDH annuellement, ainsi que la charge soutenue par les dépenses de l’AMO, estimée à environ 2 MMDH par an.
Santé
CHU. Au regard du progrès réalisé en termes de l’élargissement de la base des bénéficiaires des différents dispositifs du chantier de la généralisation de la protection sociale, le gouvernement s’engage à poursuivre la réforme ambitieuse de la refonte du système national de santé qui constitue la clé de voûte pour la réussite et la pérennité dudit chantier social. A ce titre, des efforts considérables seront déployés dans le cadre du PLF 2027 pour accélérer la mise en place d’un système de santé solide, intégré et efficient, à travers la mise en œuvre des actions suivantes : la mise en service des Centres hospitaliers universitaires (CHU) de Laâyoune et de Rabat à la fin de l’année en cours, la poursuite des travaux de construction des CHU de Béni Mellal, Guelmim et Errachidia, la programmation de la reconstruction d’un nouveau CHU à Casablanca, ainsi que le lancement des travaux de reconstruction du Centre hospitalier régional d’Agadir. Il est également prévu de poursuivre les opérations de mise à niveau et de rénovation de 90 hôpitaux nécessitant une réhabilitation, afin d’améliorer la qualité des services de santé et d’en garantir l’équité sur l’ensemble du territoire national ; le renforcement de la gouvernance du système de santé concrétisé par le lancement des Groupements sanitaires territoriaux (GST) au niveau des cinq régions de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Fès-Meknès, Souss-Massa et Laâyoune-Sakia El Hamra, dans la perspective de leur généralisation progressive aux autres régions du Royaume, compte tenu de l’expérience exemplaire de la région de TangerTétouane-Al Hoceima en tant que région pilote dans l’opérationnalisation des GST ; l’accélération de la digitalisation du système national de santé par la poursuite du déploiement du Système d’information hospitalier (SIH) intégré qui va connaître la création d’une Agence nationale de digitalisation du système de santé. L’accent sera également mis sur le renforcement des capacités des ressources humaines du secteur de la santé, afin de renforcer les effectifs et améliorer l’offre de soins, pour atteindre 45 professionnels de santé pour 10.000 habitants à l’horizon 2030.










