Confiance
L’un des enjeux principaux des élections législatives est bien sûr la participation. Celle de la population en général et en particulier celle de la jeunesse.
Premier constat peu encourageant est le fait que les jeunes sont peu présents sur les listes électorales.
Il reste 10 jours de campagne aux différents partis et aux candidats pour convaincre. C’est-à-dire parler le langage de tous, être actifs sur le terrain et prolonger le débat, les propositions, les idées… sur les réseaux sociaux.
Il faut aller là où sont les jeunes, or il y a une erreur que font beaucoup de candidats : c’est précisément ne (re)trouver le chemin des quartiers populaires, les routes qui mènent à la jeunesse, l’intérêt pour le sport, pour la culture… qu’au moment des campagnes électorales. Et croyez-moi rien n’est plus contre-productif, taper sur l’épaule d’un jeune, faire un selfie puis tourner les talons ne fait que braquer les jeunes générations.
Nos politiques doivent enfin se rendre compte que les jeunes d’aujourd’hui n’ont plus grand-chose de commun avec ces méthodes anciennes : aller à la rencontre des jeunes est indispensable, évidemment, à condition de ne pas insulter leur intelligence. Il faut avoir des choses à leur dire, des propositions concrètes à leur faire, ne pas avoir peur de la contradiction, et surtout ne pas leur faire de promesses qui seront oubliées aussitôt les élections passées. Ces jeunes ont de la mémoire et les réseaux sociaux sont là pour rappeler toutes les discussions, tous les engagements pris…
Pour avoir l’attention et la confiance des jeunes Marocain(e)s encore faut-il les connaitre, savoir quels sont leurs espoirs, leurs besoins, leurs envies, mais aussi leurs colères, leurs indignations… encore faut-il leur tenir un langage de vérité et leur ouvrir des perspectives.
En cette rentrée alors que nous préparons nos activités, je suis bien évidemment amené à parler de tout cela avec eux, et surtout à les écouter.
Il y a une erreur absolument catastrophique que font nombre de politiques, celle de croire que les jeunes se désintéressent de LA politique, rien n’est plus faux !
Ils se détournent DES hommes politiques, ce qui est différent !
De mes conversations avec eux je retiens ce qui revient sans cesse :
– Nous comptons environ 2,94 millions de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni scolarisés, ni en formation, et ce chiffre concerne principalement les jeunes de 15 à 29 ans. Que propose-t-on pour eux ?
– Où sont les élus, élus locaux, régionaux, parlementaires – largement absents du terrain – tout au long de l’année, pour prendre le temps d’écouter, de répondre aux habitants ?
– Pourquoi n’y a-t-il aucun budget prévu pour les associations locales qui agissent au plus près des habitants et en particulier des jeunes et pour les clubs sportifs des quartiers, puisque c’est bien là que notre jeunesse apprend le respect, l’entraide, le goût de l’effort, l’autorité, la maîtrise de soi, le sens des responsabilités et de l’engagement. Or ces clubs sportifs dans nos communes, dans nos villes, dans nos quartiers, ainsi que les associations de jeunes sont les parents pauvres de tous nos budgets nationaux, régionaux, locaux…lorsqu’ils ne sont pas carrément ignorés.
– Pourquoi ne réfléchit-on pas à un «statut du bénévole » : les acteurs associatifs, culturels, les animateurs, les entraîneurs sportifs… – qui consacrent leur temps, leur énergie, souvent même leur argent à « encadrer » notre jeunesse. C’est une force considérable estimée à plus de 500.000 personnes au Maroc, ne pourrait-on au moins les faire bénéficier d’une carte de transport gratuite, d’une assurance ?
– Ne serait-il pas judicieux de faire de ces acteurs de terrain les co-gestionnaires des Maisons de Jeunes et des terrains de sport de proximité, au lieu de les confier à des fonctionnaires communaux en fin de carrière.
– Notre jeunesse, comme l’ensemble de notre population est extrêmement sensible au respect, à la dignité, il est urgent de réfléchir à de justes sanctions envers les agents d’autorité locaux qui traitent nos jeunes de façon insultante. Dieu merci une nouvelle génération de Moqqadems, Caïds, Pachas… émerge, qui a acquis ces codes d’honneur.
Je pourrais continuer ainsi sur des pages et des pages, ma Tribune n’est qu’un reflet de la réalité que je vis sur le terrain.
Mes écrits ne sont pas faits pour donner des leçons, ils sont là pour éclairer, pour aider… contribuer à alimenter la réflexion des politiques, des candidats, des élus de bonne foi et permettre que la voix de nos jeunes soit répercutée…
Puissent ces élections nous réserver de bonnes surprises…









