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A travers 148 propositions: Les Centraliens et Supélec braquent les projecteurs sur les leviers de croissance

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Débat public
L’Association des Centraliens et Supélec du Maroc (ACSM) publie 148 propositions issues de huit forums organisés entre 2007 et 2024, couvrant six grands domaines stratégiques, de l’économie à la transformation numérique. Le rapport dresse un bilan des avancées et des écarts persistants, tout en mettant l’accent sur les enjeux d’exécution, de financement, de territorialisation et de mesure des résultats.

L’Association des Centraliens et Supélec du Maroc vient de publier 148 propositions pour contribuer au débat public. Issue des huit forums que l’Association a organisés de 2007 à 2024, ce document de 83 pages présente le contexte historique, les avancées observées, les écarts qui persistent, une piste d’actualisation. Le rapport couvre six grands champs : économie et industrie, emploi et éducation, énergie et ressources, villes et mobilité, gouvernance et transformation numérique, ainsi que l’intégration du Maroc en Afrique. Comme tient à le préciser l’association, cette publication ne constitue ni un programme politique ni le soutien à une formation particulière. Elle traduit la mission citoyenne de l’ACSM : mettre l’intelligence collective de la communauté CentraleSupélec au service d’un débat public exigeant, indépendant et constructif. Jalal Charaf, président de l’Association des Centraliens et Supélec du Maroc, affirme dans ce rapport : «Depuis près de vingt ans, l’ACSM mobilise cette intelligence collective à travers ses Forums Centraliens et Supélec.

En réunissant experts, décideurs, chercheurs, entrepreneurs et praticiens, ces forums ont donné lieu à des recommandations, des contributions et des livres blancs sur des enjeux majeurs pour notre pays. Le présent rapport rassemble et analyse les 148 propositions issues de ces travaux et de notre contribution au Nouveau modèle de développement. Il permet de mesurer le chemin parcouru, d’identifier ce qui reste à accomplir et de mettre en évidence un enjeu central : celui de l’exécution, du financement, de la territorialisation et de la mesure des résultats. À la veille des échéances législatives, nous avons tenu, pour la toute première fois, à porter ce capital de propositions au cœur de la délibération démocratique. En partageant cette étude avec l’ensemble des acteurs politiques, nous ambitionnons de stimuler et d’alimenter leurs réflexions. L’ACSM n’a vocation à soutenir aucune formation politique. Son rôle est d’apporter une matière exigeante au débat public, de confronter les visions et de contribuer à rendre les choix et les engagements plus lisibles. C’est ainsi que nous entendons mettre l’excellence et l’intelligence collective de la communauté CentraleSupélec au service du Maroc».

Quelques aspects : Partenariat public-privé, startups, accompagnement…
Le document passe en revue plusieurs enjeux, parmi lesquels ceux liés au financement, à l’investissement et au développement de l’entrepreneuriat au Maroc. Il met notamment l’accent sur la nécessité d’impliquer davantage le secteur privé dans la conception et la réalisation des grands projets, en généralisant le recours aux partenariats public-privé. Il préconise également de renforcer la sécurité de l’initiative privée et la compétitivité afin de consolider le positionnement du Maroc en tant que hub régional d’investissement et d’affaires. Le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes constitue un autre axe majeur, avec l’appel à multiplier les incubateurs et les pépinières sur les campus universitaires et dans les différentes régions pour faciliter l’accompagnement et l’émergence de nouveaux projets.
Ce document insiste sur le développement de l’écosystème des startups et de l’innovation, tout en veillant à garantir une meilleure inclusion et un accès plus équitable aux dispositifs d’accompagnement et de financement.

Ainsi, concernant la recommandation visant à associer le secteur privé en amont à la co-construction des projets d’envergure et à généraliser le recours aux partenariats public-privé (PPP), il est indiqué que les grands projets structurants gagneraient à mobiliser, dès leur conception, les ressources, les compétences et les capacités d’exécution du secteur privé. Le document préconise ainsi une implication en amont des opérateurs privés dans l’élaboration des feuilles de route, ainsi qu’un recours plus systématique aux PPP lorsque ces mécanismes permettent d’accélérer et d’améliorer la réalisation des projets.
Depuis la formulation de cette recommandation, plusieurs dispositifs ont été renforcés, notamment à travers la Charte de l’investissement, les commissions nationales, Tamwilcom et de nouveaux mécanismes de soutien aux TPME.

Ces avancées témoignent de l’existence d’un cadre favorable, mais ne permettent pas encore de conclure à une mise en œuvre complète. La piste d’actualisation proposée consiste à conditionner davantage les appuis publics à des objectifs liés à l’emploi et à l’intégration locale, tout en renforçant le suivi post-financement à travers des indicateurs territorialisés. Sur la question de garantir la sécurité de l’initiative privée et à instaurer un choc de compétitivité pour positionner le Maroc comme hub régional, ce document estime que l’investissement privé nécessite davantage de visibilité, de stabilité et de conditions compétitives afin de favoriser les engagements à long terme. L’objectif est de sécuriser l’initiative entrepreneuriale, de réduire les freins à la compétitivité et de renforcer l’attractivité du Maroc en tant que plateforme régionale d’investissement et d’exportation.

La Charte de l’investissement, les commissions nationales, Tamwilcom et les dispositifs récemment développés en faveur des TPME ont permis d’élargir les instruments disponibles. Toutefois, selon l’audit préliminaire, ces avancées ne suffisent pas encore à considérer la recommandation comme pleinement réalisée. Les principaux points de vigilance concernent notamment l’accès au financement de croissance, le méso-financement, l’accompagnement après financement et la capacité à transformer l’investissement en emplois formels. Ces enjeux demeurent variables selon la taille des entreprises et les territoires. L’actualisation proposée consiste à renforcer le conditionnement des soutiens publics à des objectifs d’emploi et d’intégration locale, tout en mettant en place un suivi post-financement fondé sur des indicateurs territorialisés.

Pour ce qui est de multiplier les incubateurs et pépinières sur les campus et dans les régions pour soutenir les initiatives des jeunes entrepreneurs, le document préconise de rapprocher l’accompagnement entrepreneurial des jeunes des universités et des territoires. L’objectif est de développer davantage de structures capables d’offrir aux porteurs de projets des espaces de travail, du mentorat, des réseaux ainsi qu’un accès aux écosystèmes d’innovation et de financement. Les dispositifs existants, notamment la Charte de l’investissement, les commissions nationales, Tamwilcom et les mécanismes de soutien aux TPME, ont contribué à élargir l’offre d’accompagnement. La piste d’actualisation consiste à poursuivre le développement des incubateurs et pépinières sur les campus et dans les régions, tout en conditionnant davantage les appuis publics à des objectifs d’emploi et d’intégration locale. Un dispositif de suivi post-financement avec des indicateurs territorialisés est également proposé.

Pour ce qui est de l’accompagnement des startups et le soutien de l’innovation tout en veillant à l’inclusion, le document appelle à renforcer l’écosystème d’accompagnement des startups à différentes étapes de leur développement, notamment à travers les incubateurs et accélérateurs. Il préconise également de favoriser la diffusion de l’entrepreneuriat et des compétences numériques dans les parcours scolaires et universitaires afin d’élargir l’accès à l’innovation. Les différents dispositifs mis en place ou renforcés ces dernières années ont permis d’élargir les instruments d’accompagnement et de financement. L’actualisation proposée vise ainsi à renforcer l’accompagnement des startups et le soutien à l’innovation, tout en intégrant davantage les objectifs d’emploi et d’inclusion territoriale.