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Finances publiques : Les équilibres du Trésor se consolident à fin août

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Budget 
L’exécution de la loi de Finances à fin août 2026 fait ressortir une évolution globalement maîtrisée des finances publiques marquée par un léger recul du déficit budgétaire comparé à la même période de l’année précédente.

L’exécution de la loi de Finances à fin août 2026 s’inscrit dans un contexte macroéconomique favorable, caractérisé par la nette amélioration de la campagne agricole 2025-2026 et la consolidation des moteurs internes de la croissance. Une évolution confirmée par le ministère de l’économie et des finances dans sa récente publication relative à la situation des charges et ressources du Trésor au titre des huit premiers mois de l’année. «La pluviométrie favorable enregistrée depuis le début de l’année a permis une nette amélioration de la campagne agricole 2025-2026», relève-t-on dans ce sens.

En effet, les premières estimations font état d’une récolte céréalière de 90 millions de quintaux, favorisant une forte progression de la valeur ajoutée agricole de 18,4% au premier trimestre 2026, contre 8,1% un an auparavant. «Au-delà de sa contribution directe à la croissance, cette amélioration devrait progressivement produire des effets d’entraînement sur les activités non agricoles, à travers notamment la hausse des revenus en milieu rural et le soutien à la consommation des ménages», rappelle le ministère de l’économie et des finances dans sa publication.

Et de poursuivre : «Le ralentissement des activités non agricoles observé au premier trimestre revêt un caractère largement conjoncturel, en lien notamment avec les fortes intempéries enregistrées au cours des deux premiers mois de l’année, qui ont particulièrement affecté le BTP, la pêche et le trafic portuaire». Se référant au bilan dressé par la tutelle, les indicateurs conjoncturels disponibles font état d’un raffermissement de l’activité dans plusieurs branches, notamment le BTP, l’industrie et l’énergie. «Cette orientation s’inscrit dans un contexte de demande intérieure toujours soutenue, celle-ci ayant progressé de 6,5% au premier trimestre, avec une contribution de 6,9 points à la croissance, portée à la fois par la consommation des ménages (4,6%) et par le dynamisme de l’investissement brut (10,8%)», peut-on lire dans ce sens. S’agissant de l’exécution budgétaire à fin août 2026, le ministère observe une mobilisation soutenue des recettes, en particulier fiscales, parallèlement à la poursuite de l’effort budgétaire en matière de soutien aux revenus, de politiques sociales et d’investissement public.

Dans l’ensemble, la situation des charges et ressources du Trésor fait ressortir un déficit budgétaire de 58,6 milliards de dirhams à fin août 2026, contre 59,5 milliards de dirhams un an auparavant. « Cette légère amélioration résulte d’une progression des recettes (25,5 milliards de dirhams) supérieure à celle des dépenses (24,6 milliards de dirhams), conjuguée à une nette amélioration du solde des comptes spéciaux du Trésor», commente le ministère à cet égard.
Dans les détails, les recettes, sur une base nette des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, ont affiché un taux de réalisation de 64,8% par rapport aux prévisions de la loi de Finances (LF). Elles se sont accrues de près de 25,5 milliards de dirhams (10%) par rapport à fin août 2025. Les recettes fiscales ont, pour leur part, enregistré un taux de réalisation de 67,5% et une progression de 23,2 milliards de dirhams (10,3%) comparé à la même période de l’année passée. Pour ce qui est des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, y compris la part supportée par les collectivités territoriales (CT), ils se sont appréciés de de 3,3 milliards de dirhams atteignant ainsi les 19,6 milliards de dirhams.

Les recettes non fiscales ont, quant à elles, atteint les 29,5 milliards de dirhams au titre des huit premiers mois de l’année. Elles proviennent, selon la tutelle, des produits versés par les établissements et entreprises publics à hauteur de 11,7 milliards de dirhams, dont 4,4 milliards de dirhams versés par Bank Al-Maghrib, 2,5 milliards de dirhams par l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie et 4,1 milliards de dirhams par l’Office chérifien des phosphates. Elles comprennent également des recettes au titre des mécanismes de financement innovants pour un montant de 9,9 milliards de dirhams. En ce qui concerne les dépenses ordinaires, elles se sont élevées à 268,2 milliards de dirhams à fin août 2026, affichant un taux d’exécution de 70,7% et une hausse de 26,2 milliards de dirhams (10,8%) par rapport à fin août 2025. Une évolution est souvent attribuable à la hausse des dépenses au titre des biens et services de 22,5 milliards de dirhams (11,4%), des intérêts de la dette de 2,9 milliards de dirhams (9,1%) et des charges de compensation de 807 millions de dirhams (6,2%). Au niveau des dépenses au titre des biens et services, on relève un taux de réalisation de 66,6% pour les dépenses de personnel et de 69,7% pour les dépenses afférentes aux autres biens et services. Par rapport à fin août 2025, ces deux catégories ont enregistré des hausses respectives de 11,2 milliards de dirhams et 11,3 milliards de dirhams. «L’augmentation des dépenses de personnel reflète notamment l’impact budgétaire des mesures décidées dans le cadre du dialogue social.

Quant à la progression des dépenses relatives aux autres biens et services, elle résulte principalement de l’augmentation des transferts au profit de divers établissements et entreprises publics (11 milliards de dirhams), notamment ceux à caractère social», commente le ministère.
Par ailleurs, les charges d’intérêts ont enregistré un taux de réalisation de 83,5% à fin août. Leur évolution traduit une hausse des intérêts de la dette intérieure de 2,2 milliards de dirhams ainsi qu’une augmentation de 651 millions de dirhams de ceux de la dette extérieure. Les charges de compensation ont atteint, pour leur part, les 13,8 milliards de dirhams, affichant un taux de réalisation de 99,4% et une hausse de 807 millions de dirhams (6,2%) par rapport à fin août 2025.

Cette évolution est portée par les aides directes accordées aux professionnels du secteur du transport pour faire face à la hausse des prix des carburants, pour un montant de 1,9 milliard de dirhams à fin août 2026. Il est à noter que les évolutions des recettes et des dépenses ordinaires se sont traduites par un solde ordinaire excédentaire de 12,2 milliards de dirhams, contre 12,9 milliards de dirhams un an auparavant. Les dépenses d’investissement ont, pour leur part, atteint 75,7 milliards de dirhams, en hausse de 7,8 milliards de dirhams (11,4%) par rapport à fin août 2025, soit un rythme supérieur à celui des dépenses globales. Comparativement aux prévisions de la loi de Finances 2026, leur taux de réalisation s’est établi à 65,9%. S’agissant des comptes spéciaux du Trésor, ils ont dégagé un excédent de 4,9 milliards de dirhams, contre un solde débiteur de 4,5 milliards de dirhams à fin août 2025. Un solde qui est attribuable, à hauteur de 3,9 milliards de dirhams, aux comptes d’affectation spéciale et, à hauteur de 1,4 milliard de dirhams, aux comptes de dépenses sur dotations.

Un besoin de financement de 65,9 milliards de dirhams
Mobilisations A fin août 2026, la situation des charges et ressources du Trésor a dégagé un besoin de financement de 65,9 milliards de dirhams contre 75,6 milliards de dirhams un an auparavant. Les mobilisations nettes sur le marché domestique se sont stabilisées autour de 17,8 milliards de dirhams, tandis que les emprunts extérieurs nets se sont établis à près de 26,4 milliards de dirhams. Se référant au ministère des finances, le flux de l’endettement intérieur recouvre des souscriptions pour un montant de 85,7 milliards de dirhams et des remboursements en principal pour 67,9 milliards de dirhams. Celui de l’endettement extérieur comprend des tirages de 40,5 milliards de dirhams, y compris 23,7 milliards de dirhams mobilisés sur le marché financier international, ainsi que des amortissements de 14,1 milliards de dirhams.