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Bouchaïb Benhamida : «Les offres bancaires stimulent le marché»

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ALM : Les banques baissent de plus en plus les intérêts pour les crédits du logement, ce qui implique une forte demande. Quelle est la réaction de la Fédération par rapport à cette situation ?
Bouchaïb Benhamida : C’est une excellente chose. Cela pourrait stimuler le marché. C’est une initiative à laquelle nous nous attendions depuis des décennies. Cela encouragerait beaucoup les citoyens à acquérir leur propre logement. Ce qui stimulerait la demande et relancerait le marché immobilier et du bâtiment et travaux publics en général. Ce sont aussi les cimentiers, les briquetiers et autres opérateurs qui vont en bénéficier.

Une éventuelle forte demande n’impliquerait-elle pas des difficultés pour le secteur ?
Oui, bien sûr. Chaque croissance a ses avantages et ses inconvénients. Mais, nous n’allons pas nous attarder sur le mauvais côté de croissance. Le pays est en train de s’organiser et est engagé dans un processus de croissance. C’est bénéfique pour nous et pour le reste des acteurs économiques. Il vaut mieux avoir une croissance, même si cela engendre quelques difficultés que de sombrer dans le marasme. La croissance du secteur implique en effet des difficultés comme la pénurie des matériaux et une très forte pression sur la main-d’œuvre qualifiée.

Qu’est-ce que vous envisagez pour y faire face ?
Nous avons lancé en ce sens un projet avec l’Office de formation professionnelle. Il s’agit de la création à Settat d’une école de formation dans le domaine du bâtiment et des travaux publics. D’autres projets suivront et auront pour objectifs d’aplanir les difficultés que rencontrent les opérateurs surtout en matière de main-d’œuvre qualifiée.

Quel jugement portez-vous sur la situation actuelle du secteur du bâtiment ?
Ce qui est en train de se passer dans le pays est historique. Le bâtiment n’a jamais connu auparavant un pareil développement. Mais, subsiste encore un déficit en logement estimé à un million d’unités sans parler de la nécessité de résorber l’habitat insalubre. Toutefois, il faut que cela soit structuré. Nous avons besoin d’une sécurisation du cadre bâti. Nous avons besoin d’un cadre légal où les pouvoirs publics doivent être garants de la qualité et de la sécurité du cadre bâti. Il faut que les pouvoirs publics veillent à faire respecter les normes dans le bâtiment. Il faut en finir avec le recours au secteur informel dans la construction et l’immobilier. Si les grands promoteurs immobiliers bénéficient aujourd’hui d’avantages fiscaux, il faut exiger d’eux qu’ils soient en conformité avec la loi. En contre-partie des avantages qui leur ont été accordés, il faut qu’ils s’engagent à ne pas employer la main-d’œuvre dans le noir et ne pas se fournir en matériaux de construction chez les entreprises informelles. Il faut exiger d’eux le respect des normes de qualité et de sécurité. En somme, il faut qu’il y ait des retombées positives de l’effort consenti par l’Etat envers eux.

D’autre part, y a-t-il des mesures à mettre en place pour mieux répondre aux besoins du secteur ?
Nous n’avons pas de mesures précises, mais le secteur s’autorégule de lui-même. Si les cimentiers sont très sollicités et font face à une forte demande, ils étendent leurs activités. Et ce qui est en train de se passer actuellement, tous les cimentiers ont mis en place des programmes d’extension. Ce qui est le cas aussi pour les briquetiers. Mais aujourd’hui s’il y a un effort à faire, c’est bien au niveau de la formation de la main-d’œuvre qualifiée. Il faut que les pouvoirs publics soient à l’écoute des professionnels et industriels du secteur et les aident en ce sens.