Economie

Wolfowitz implore la clémence

Le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, accusé de népotisme, a imploré, mardi, la clémence du conseil d’administration, qui menace de le destituer, et promis de changer ses méthodes de gestion. Lors d’une nouvelle audition devant les administrateurs de l’institution, l’ancien numéro deux du Pentagone leur a demandé de reconnaître que dans cette affaire de conflit d’intérêts, les torts sont partagés. Mais la presse américaine pariait déjà sur sa démission prochaine, insistant sur un changement de ton de la Maison-Blanche à son égard, avant une nouvelle réunion du conseil d’administration mercredi. «Vous avez encore la possibilité d’éviter des dégâts à long terme en résolvant cette affaire d’une façon juste et équitable qui reconnaisse que nous avons tous essayé de bien faire, même si nous n’y somme pas parvenus parfaitement», a dit mardi, aux administrateurs M. Wolfowitz, sur un ton suppliant. «J’implore chacun de vous d’être équitable en prenant votre décision car celle-ci affectera non seulement ma vie mais elle affectera aussi la manière dont l’institution est considérée aux Etats-Unis et dans le monde», a-t-il ajouté, selon le texte de son audition communiqué par son avocat. Le conseil d’administration de la Banque devait se réunir à nouveau hier mercredi pour poursuivre ses délibérations dans cette affaire qui dure depuis plus d’un mois. Dans son exposé mardi, le président de la Banque mondiale a réfuté point par point les conclusions du comité ad hoc, publiées la veille, qui affirment qu’il a violé les règles déontologiques de la Banque en accordant des augmentations de salaire à sa compagne, Shaha Riza, également employée de l’institution. M. Wolfowitz, 63 ans, a réaffirmé qu’il avait agi sur "instruction" du comité d’éthique de la Banque et que les augmentations de salaire accordées à sa demande faisaient partie d’un accord "raisonnable". «Si vous voulez discuter de la façon dont je dirige l’institution, de mon style de gestion et des politiques que je défends, faisons-le», a-t-il ajouté, «mais laissons derrière-nous cette affaire de conflit d’intérêt qui a été résolue il y a plus d’un an».

David Dieudonne (AFP)