Monde

Liban : Le calme en attendant une issue

© D.R

La région de Nahr El Bared au nord du Liban a connu dimanche matin un instant d’accalmie. Ceci après des accrochages nocturnes entre l’armée libanaise et les combattants retranchés dans ce camp palestinien. Le Liban en a profité pour donner quelques jours aux organisations palestiniennes pour qu’elles négocient une issue pacifique au bras de fer entre les islamistes du groupe armé Fatah Al-Islam, et l’armée libanaise. «Les autorités ont donné aux organisations palestiniennes jusqu’au milieu de la semaine pour tenter de négocier un accord à la crise», a indiqué dimanche à l’AFP une source gouvernementale, sous couvert d’anonymat.
Cet accord comprendrait la reddition des combattants de Fatah al-Islam impliqués dans les attaques contre l’armée libanaise pour qu’ils soient jugés, a-t-elle ajouté.
Des combats meurtriers ont opposé de dimanche dernier à mardi ces combattants, implantés à Nahr al-Bared, à l’armée libanaise, qui encercle le camp. Ils ont fait au moins 78 morts, selon un bilan établi par l’AFP.
Fatah al-Islam a annoncé avoir perdu 25 hommes depuis le 20 mai, alors que selon le ministre libanais de la Défense Elias Murr, 33 soldats figuraient parmi les tués. Dirigé par un Palestinien, le Fatah al-Islam comprend des Palestiniens mais également des combattants étrangers, qui seraient notamment saoudiens, syriens et yéménites. Walid Joumblatt, figure de la majorité parlementaire antisyrienne, a accusé une nouvelle fois Damas d’être derrière une campagne de déstabilisation du Liban.
Selon la source gouvernementale libanaise, Beyrouth reste "très déterminé à ce que les coupables se rendent".
Les ressortissants étrangers de Fatah al-Islam qui ne sont pas recherchés pourront être rapatriés dans leurs pays, a ajouté cette source gouvernementale.
Les négociations sont gérées par les principales factions palestiniennes, principalement le Fatah du président Mahmoud Abbas, le mouvement islamiste Hamas et le Front démocratique de libération de la Palestine, FDLP.
La veille, le Premier ministre libanais Fouad Siniora avait indiqué que son gouvernement accordait du temps aux factions palestiniennes pour régler le problème du Fatah al-Islam.
«Ce problème est en train d’être réglé avec les factions palestiniennes, et nous leur laissons le temps de le faire comme ils l’ont demandé, ce qui ne veut pas dire que nous reculons. Ensuite, à chaque chose son temps», a-t-il dit. Pris en étau, près de la moitié des 31.000 réfugiés du camp de Nahr al-Bared ont dû le fuir, notamment à la faveur d’une trêve intervenue mardi, mais des milliers d’autres y sont encore bloqués et vivent dans des conditions difficiles.
L’ONU s’est alarmée samedi du sort de quelque 10.000 civils pris au piège dans le camp de réfugiés palestiniens, encerclé par l’armée libanaise, alors que le mouvement d’exode s’est poursuivi au compte-gouttes et difficilement.

Lire votre journal

EDITO

Couverture

Nos suppléments spéciaux