Rafael Nadal, qui restait sur un échec sur terre battue pour la première fois depuis deux ans, a renoué avec la victoire mardi au premier tour de Roland-Garros en dominant l’un des joueurs les plus prometteurs du circuit, l’Argentin Juan Martin Del Potro (7-5, 6-3, 6-2).
Pendant près d’un set, les spectateurs du Central ont pu se demander si la défaite infligée par Roger Federer il y a dix jours en finale de Hambourg, la première subie par Nadal après une incroyable série de 81 succès, n’avait pas brisé quelque chose dans la machine espagnole.
Del Potro, une grande tige d’1,95 m que Nadal connaît bien pour l’avoir utilisé comme sparring-partner, est entré dans la rencontre avec un culot énorme. Après une série de coups gagnants, en coup droit comme en revers, il s’est retrouvé avec la possibilité de conclure la première manche sur son service à 5-3, avant de craquer.
«Ici je n’ai jamais bien joué ni au premier tour ni au deuxième, et rarement au troisième. En plus, c’était un des adversaires les plus difficiles parmi ceux qui ne sont pas têtes de série. C’est un joueur qui a un grand avenir», a déclaré le Majorquin.
Federer n’a eu qu’à terminer le travail commencé lundi avant la pluie face à l’Américain Michael Russell (6-4, 6-2, 6-4). «J’ai fait un match très solide, pas extraordinaire bien sûr, mais c’était difficile dans ces conditions», a dit le N.1 mondial.
Le temps est resté sec mardi, pour la première fois après deux premières journées en grande partie gâchées par la pluie, mais n’avait encore rien de printanier. Il faisait froid, pas plus de 15 degrés en milieu d’après-midi, et le vent balayait les courts, tous réquisitionnés pour rattraper le gros retard pris depuis dimanche.
Federer rejoue mercredi contre le Français Thierry Ascione, si la météo le permet, car de nouvelles perturbations sont attendues sur la région parisienne.
Les deux grands rivaux sont débarrassés d’un des principaux outsiders, Fernando Gonzalez, battu par Radek Stepanek, un Tchèque très offensif dont la notoriété a grimpé depuis qu’il partage la vie de Martina Hingis, présente dans les tribunes malgré son forfait sur blessure. «Ce n’est pas un joueur typique de terre battue. Il a joué long, à plat. Il sert bien, il te surprend, il monte au filet», a dit le Chilien, battu 6-2, 6-2, 6-4. Finaliste de l’Open d’Australie, Gonzalez ne faisait pas forcément très peur ni à Federer, qu’il n’a jamais battu en dix rencontres, ni à Nadal, qui l’a écrasé ce mois-ci en finale de Rome, mais il visait en tout cas le dernier carré.
Ce n’était pas le cas de James Blake, en crise depuis le début de la saison et sorti par le grand Croate Ivo Karlovic, ni de son compatriote Andy Roddick, dont l’histoire de désamour avec la terre battue a connu un nouvel épisode contre le Russe Igor Andreev, mais pas le plus douloureux selon l’Américain.
«J’ai eu des défaites décevantes ici, mais cette fois-ci je crois que je n’ai pas mal joué. Le mérite lui revient», a dit le Texan, éliminé pour la quatrième fois au premier tour à Paris.
Andreev, vainqueur 3-6, 6-4, 6-3, 6-4, n’est pas n’importe qui malgré sa 125e place mondiale, due à une grave blessure au genou l’année dernière.
Bon joueur de terre battue formé en partie en Espagne, il a eu pendant deux ans la particularité d’avoir été le dernier à avoir battu Rafael Nadal sur l’ocre avant que Federer ne l’imite.
Les autres gros bras ont gagné: l’Australien Lleyton Hewitt, l’Espagnol Juan Carlos Ferrero, le Chypriote Marcos Baghdatis, les Argentins Guillermo Canas et David Nalbandian, et chez les femmes la Russe Elena Dementieva, la Tchèque Nicole Vaidisova et la Serbe Jelena Jankovic.








