Qui est Zyane ? L’une des personnes qui l’ont bien connu le définit comme «le mélange d’un ego démesuré et d’une hystérie avérée qui le pousse à la provocation pour exister en dehors de tout consensus». Ce que je sais de la chose, c’est qu’il était communiste, qu’il est devenu un virulent anti-gauche du jour au lendemain, qu’il a navigué entre Guedira et Basri pour finir en fidèle du dernier, qu’il a été «ministre» dans un gouvernement où siégeaient deux échelles 8 sans culture, poste qu’il a quitté parce qu’il a trouvé inique le procès fait aux barons de la drogue et que depuis, il est à la tête d’un «hizbicule». C’est d’ailleurs à ce titre qu’il a pu s’introduire par deux fois en quelques mois dans les foyers marocains par le biais du petit écran. Il faut s’interroger sur la cohérence et la pertinence des lois importées qui imposent à nos chaînes de donner la parole à des organisations qui ne représentent personne, qui tiennent leur congrès dans le garage de la villa du président à vie. D’un autre côté, nos confrères chargés de la besogne oublient trop souvent qu’ils ont une ligne éditoriale à défendre et qu’ils ne sont pas là pour servir la soupe à ces «invités» imposés par la HACA. C’est justement ce qui s’est passé avec Zyane. À «Hiwar», il a pu, sans vergogne, insulter la gauche dans son ensemble, chez Bencherif, il s’est attaqué à la mémoire de Driss Benzekri quelques jours après sa mort. Il a ressorti son venin sur les régicides et les « centaines de milliards distribués».Le premier choc dépassé, il faudrait peut-être remercier Zyane. Dans la demande de réconciliation, symbolisée par feu Driss Benzekri, nous avons été magnanimes au point de devenir imprudents. Nous avons oublié que les violations des droits de l’Homme étaient couvertes et même saluées par des gens qui profitaient du règne de la rapine sur le plan économique. Nous avons fait semblant d’ignorer que le Maroc d’Oufkir et de Basri était le géniteur d’une mafia sanguinaire, prédatrice, sans humanité aucune et que cette mafia n’a pas disparu le jour du renvoi du funeste ministre de l’Intérieur. La réconciliation, ils n’en ont cure, parce qu’elle signifie la fin de leurs privilèges et que la patrie se résume pour eux à ces mêmes privilèges.
Trop confiants dans le processus, nous avons oublié qu’ils sont toujours là, bavant de rage et de dépit, à attendre un retournement de situation qui leur permettrait de reprendre la main et de renvoyer ce pays en enfer.
Le discours conciliant est allé trop loin. Zyane en franchissant le Rubicon a agi comme un tocsin qui sonne le réveil.
La réconciliation ne signifie pas l’oubli, ceux qui ont martyrisé ce peuple pendant trois décennies ne méritent aucune compassion. S’ils peuvent coexister avec nous, ils ne seront jamais nos amis et ceux d’entre eux qui ne se repentent pas publiquement doivent savoir que nous leur faisons la promesse de Boris Vian, nous irons cracher sur leurs tombes. Driss Benzekri et sa mémoire sont trop au-dessus de leur mesquinerie et de leur veulerie.









