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Oujda : La ville se protège contre les inondations

La RADEEO (Régie autonome de distribution d’eau et d’Eléctricité d’Oujda) a organisé mercredi 30 mai une journée de sensibilisation pour la protection des oueds qui traversent la ville d’Oujda contre les ordures ménagères et les débris de construction. Cette rencontre a été marquée par une visite sur le terrain, avec lancement des actions de déblayage, et des exposés théoriques présentés à la Chambre du commerce. Une journée qui s’inscrit dans le cadre de la sensibilisation de tous les acteurs du domaine de l’environnement pour la protection des oueds et des bassins versants.
Le coup d’envoi de l’opération de déblaiement des oueds, qui traversent la ville, a été donné par Mohammed Ibrahimi, wali de la région orientale et gouverneur de la préfecture Oujda-Angad.
Pour le wali, il n’est pas question qu’une ville comme Oujda soit sujette à des programmes qui ne prennent pas en considération sa nouvelle dimension de métropole locomotive. «Il faut veiller au respect du lit naturel des oueds et renforcer l’infrastructure existante par des actions réfléchies. Le raccommodage n’est plus permis», a-t-il précisé.
A signaler que le site urbain de la ville d’Oujda est traversé par quatre oueds, Isly, Ennachef, Bouchtate et Bounaim. L’opération lancée vise à nettoyer ces oueds des détritus et des débris de construction. «Doté d’une enveloppe financière de 117,4 MDH, ce projet consiste à installer deux délesteurs longs de 1,7 et 1,8 km pour des débits de 16 et 35m3/ seconde. Ils assureront la reprise du réseau existant en amant sur une longueur de 4,5 km. C’est une action qui vise à protéger la ville d’Oujda contre les inondations venant généralement du versant sud. Comme cela a été le cas lors des pluies du 13 Octobre 2006. Il y avait des crues avec 90 millimètres en 45 minutes», a expliqué Abdelaziz Nacer , directeur de la RADEEO, avant d’ajouter que le but est de mobiliser le large public et les intervenants directs qui sont les communes et les lotisseurs pour ne pas polluer les cours d’eau et les bassins versants.
De son côté, le professeur Abderrahman Elharradji a mis l’accent sur l’importance que revêt les oueds en tant qu’espace naturel, offrant un cadre saint aux riverains. «Nous sommes tous appelés à reconsidérer les oueds, à les protéger, à saisir leur valeur réelle et à leur assigner leur fonction naturelle de drainage d’eaux saines», a-t-il souligné.
Les oueds constituent souvent la décharge publique par excellence et les ravins jouent le rôle de dépotoir. Ces comportements se justifient par le manque de sensibilisation, les difficultés d’application des lois et par le faible coût d’acheminement des déchets vers ces endroits. Ces comportements sont à l’origine de plusieurs dangers telles la pollution des paysages, des eaux superficielles et la prolifération d’odeurs et d’insectes nuisibles. La situation actuelle est préoccupante car la quasi-totalité des «thalwegs» a été remblayée. D’où l’importance des projets en cours.