C’est souvent lorsque l’on voyage en dehors du Maroc que l’on se rend compte à quel point notre pays change et évolue. Assistant au SMAP, qui, comme chaque année, se déroule à Paris du 25 au 28 mai, j’ai pu mesurer à quel point le niveau de débat chez nous se situait à des «années-lumières» de celui qui avait encore cours chez certains dinosaures de l’immigration. Au sein du SMAP était donc organisée une rencontre sous le thème «Maroc possible» présenté par Si Ahmed Herzenni : à la tribune, à ses côtés, l’ambassadeur du Maroc à Paris, Abdallah Stouky et Mohamed Berrada, patron de Sapress.
L’intervention de Si Ahmed Herzenni était de très haute tenue, expliquant avec conviction les progrès accomplis par le Maroc, le chemin restant à parcourir, ne cachant rien de nos lacunes mais mettant en exergue le travail réalisé. IER, INDH, droits de l’Homme… lorsque l’on prend le temps de «se poser» on ne peut qu’être impressionné par ce qui a été fait en 7 années. La minute de silence observée en début de réunion à la mémoire de Si Benzekri avait d’ailleurs donné une charge émotionnelle au plaidoyer de Si Herzenni, qui avait conclu son propos par une formule : «Deux pièges sont à éviter, celui qui consisterait à se contenter de ces résultats et celui qui consisterait à les minimiser». Le débat qui s’engageait ensuite promettait donc d’être particulièrement intéressant, c’était sans compter sans l’incapacité de certains à évoluer, à se placer dans le Maroc d’aujurd’hui, nostalgiques qu’ils sont de pratiques révolues. Et Malheureusement, c’est au niveau de l’injure, de l’insulte que fut traité ce militant convaincu et convaincant… Cela se passait à Paris le 27 mai. Le 31 mai à Fès, Sa Majesté le Roi Mohammed VI recevait Ahmed Herzenni et le nommait président du CCDH !
Tout est dit ! Et de quelle façon !
Au-delà de l’incident de cette rencontre, ce qui m’a frappé, c’est le décalage qui existe entre ce qui se passe au Maroc, concrètement, et la vision que peut en avoir notre communauté à l’étranger, car au-delà du blocage de certaines mentalités restées aux années 60, il semble qu’il y ait bel et bien un problème de communication, d’information. J’en ai d’ailleurs eu un autre aperçu en contemplant les affiches annonçant les prochaines spectacles marocains à Paris : aucun artiste de la «nouvelle scène marocaine» n’y est programmé, alors qu’il est clair que les jeunes générations des Marocains de France y trouveraient «à leur goût». Des efforts nous restent à faire en matière de communication avec les nôtres, qu’ils vivent à l’étranger ou dans le Royaume. Le SMAP Immo est un beau succès, il nous faudrait inventer des SMAP cuturels, sociétaux, artistiques… pour mettre au diapason l’évolution de notre société et la perception qui en est faite.









