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Etats-Unis : George Bush souffle le chaud et le froid

© D.R

Alors que la situation en Irak continue de se dégrader à l’approche du mois fatidique de septembre où le grand chef militaire en Irak David Petraeus est censé rendre son rapport final devant le Congrès, l’administration Bush continue de souffler le chaud et le froid sur la région du Moyen-Orient, multipliant les menaces guerrières et le initiatives pacifiques.
Pendant que ses officiels laissent filtrer à la presse sa détermination à avoir recours à la solution militaire pour mettre fin aux ambitions nucléaires iraniennes, G. Bush sort d’un long silence sur la question palestinienne et annonce une rencontre internationale sur le sujet à l’automne prochain, à Washington, sous la houlette de Condolezza Rice. Et c’est le journal britannique «The Guardian» daté du 16 juillet qui s’était chargé cette fois de transmettre la détermination de la Maison-Blanche en relayant des échos du sérail américain laissant entendre que le président Bush est de plus en plus séduit par la rhétorique guerrière à l’encontre de l’Iran de son vice-président Dick Cheney, tout en expliquant les raisons pour lesquelles G. Bush ne quittera pas la Maison-Blanche sans avoir apporté une solution à la crise du nucléaire iranien.
L’idée de tenir une conférence internationale sur le Proche-Orient est une initiative qui a longtemps été defendue par les Palestiniens et les Arabes pour des raisons evidentes d’efficacité. La concviction était que plus les acteurs de la scène internationale étaient impliqués dans la pacification des relations entre Israéliens et Palestiniens, plus ces derniers étaients sûrs d’obtenir le maximum de leurs droits. L’internationalisation de ce conflit et de la recherche de sa solution sortaient les Palestiniens de leur étouffant tête-à-tête avec les Israéliens, surtout depuis que l’administration Bush a volontairement abandonné son statut d’honnête médiateur entre les protagonistes.
Ce qui explique l’excès d’enthousiasme qui avait saisi de nombreuses capitales à l’annonce de cette rencontre. Les principales capitales arabes comme Riyad, Amman et Le Caire n’ont pas caché leur satisfaction de voir l’administration Bush si longtemps accusée d’indifférence, se réengager dans la recherche d’une solution entre Israéliens et Palestiniens. Devant cette enthousiasme général, à l’exception de la Syrie et du Hamas, l’administration Bush s’est crue obliger de tempérer en revoyant à la baisse les attentes et les ambitions. Cette rencontre n’est pas une « grande conférence pour la paix (…) C’est une réunion pour s’asseoir (autour d’une table) et essayer de trouver les moyens de construire des institutions fondamentales et essentielles pour les Palestiniens qui vont leur permettre de s’administrer eux-mêmes et d’avoir une démocratie». Paris a tenu à faire entendre la douce musique de sa différence : «Une telle conférence, annonce le Quai d’Orsay, ne portera ses fruits que si, d’ici là, la confiance est pleinement rétablie entre les parties» ce qui suppose des «gestes forts», de la part d’Israël et une renonciation de la violence de la part de l’ensemble des Palestiniens.
L’annonce de cette initiative américaine s’est faite à la veille de la tenue d’une réunion du Quartette à Lisbonne dont l’ordre du jour est d’introniser Tony Blair comme coordinateur et envoyé spécial et d’établir son cahier de charges pour les quelques mois à venir.
Les membre du Quartette , à l’exception des Américains, qui ont longtemps prôné une solution international au conflit israélo-palestinien se sont vu conforter dans leur démarche par l’annonce d’une telle réunion.
Des éditorialistes de la presse israélienne n’ont pas manqué de remarquer l’étrange coïncidence de la tenue de cette réunion internationale à l’automne prochain avec la publication prévue du rapport Vinograd chargé de faire la lumière sur les décisions qui ont conduit à l’échec de la guerre israélienne contre le Liban et d’établir la responsabilité d’Ehud Olmert dans la conduite désastreuse de ce conflit. De là à voir dans la tenue concomitante de cette conférence un moyen d’atténuer les effets politiques de ce rapport attendu et craint, la tentation est grande de franchir le pas.

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