Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé, mercredi, l’organisation d’élections législatives et présidentielles anticipées. Cette décision a aussitôt été rejetée par le Hamas qui contrôle la bande de Gaza depuis le 15 juin. «Nous refusons des élections anticipées auxquelles appelle une partie qui n’est pas habilitée à le faire et un conseil central de (l’OLP) illégitime», a affirmé un porte-parole du Hamas, Ayman Taha.
Dans une allocution à l’ouverture de la réunion du Conseil central de l’OLP , Mahmoud Abbas a indiqué : «Je vais demander l’accord du Conseil central de l’OLP (CCOLP) en vue de promulguer des décrets convoquant des élections présidentielles et législatives anticipées». Et d’ajouter «Nous allons organiser des élections législatives et présidentielles anticipées et nous n’attendrons pas l’approbation de ceux qui restent assis là-bas à Gaza ou à l’étranger». Ce «mini-parlement», qui compte 115 membres, devait donner jeudi le feu vert de l’OLP au projet d’Abbas qui préside cette organisation historique de la révolution palestinienne et en tire sa légitimité dans son bras de fer avec le Hamas, qui refuse d’en faire partie. A ce sujet, Mahmoud Abbas a affirmé : «Le Hamas a creusé sa tombe de ses propres ongles avec les crimes qu’il a commis à Gaza», en se référant à la prise de contrôle du territoire par le mouvement islamiste le mois dernier après de violents combats contre les forces fidèles à Abbas. «Ils se sont dépouillés eux-mêmes de toute légitimité», a ajouté M. Abbas.
Mais pour l’instant , aucun calendrier précis n’a été établi pour ces élections. «Les élections pourraient avoir lieu dans un délai de trois mois, un an ou plus d’un an. Cela dépendra des préparatifs et des conditions», a affirmé un conseiller de Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeinah. Par ailleurs, selon des sources diplomatiques occidentales, il semblerait difficile, voire impossible, pour le président palestinien d’organiser de nouvelles élections sans l’accord du Hamas. Notons que le mouvement islamiste est suffisamment fort à Gaza pour y prévenir tout scrutin qui n’aurait pas son aval. A Gaza, Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas, a prédit qu’Abbas «ne serait pas en mesure d’organiser un quelconque scrutin sur le terrain sans un accord national» et estimé que les décrets-lois pris par Abbas pour convoquer les électeurs aux urnes ne «seraient que des chiffons de papier». L’un des chefs du Hamas, Mahmoud Zahar, a promis de faire échouer ces élections anticipées. «Les élections anticipées sont une tentative de contourner la volonté du peuple palestinien et cette tentative est vouée à l’échec. Elle échouera. Nous, le peuple palestinien, la ferons échouer», a t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Gaza. En outre, M. Zahar n’a pas manqué d’accuser Mahmoud Abbas de comploter avec Israël. «Il complote avec l’ennemi pour faire assassiner les chefs du Hamas en affirmant que ceux-ci creusent leur propre tombe. Il existe un plan israélien de pénétrer dans la bande de Gaza avec l’accord d’Abou Mazen».










