L’immobilier au Maroc attise l’appétit des banques, non seulement marocaines, mais aussi, et de plus en plus françaises. Le foisonnement de leurs offres en donne une preuve. Les banques de l’Hexagone ont flairé le filon. Depuis le début de l’été, elles multiplient, en effet, les offres en partenariat avec leurs homologues marocaines. L’objectif : faciliter, surtout pour les Marocains résidant en France l’obtention de crédits immobiliers pour l’acquisition d’un bien au Maroc.
Ainsi, le groupe Caisse d’épargne lance dès septembre prochain une offre conjointe avec le Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH), dont elle détient 25% environ. La banque française propose une formule comprenant un crédit immobilier ainsi que la possibilité de souscrire à un programme immobilier marocain labellisé par le Crédit Foncier, sa filiale.
Pour sa part, LCL (Crédit Lyonnais) lance une offre similaire en partenariat avec le Crédit du Maroc, filiale, au même titre que LCL, du groupe Crédit Agricole. L’offre est conditionnée à la détention d’un compte dans les deux établissements.
«Jusqu’ici, il n’y avait pas de moyen de prendre un crédit en France pour investir là-bas (au Maroc)», indique Mimoun Yazidi, administrateur du Conseil national des Marocains de France (CNMF), cité par l’AFP. En effet, les intéressés, Marocains ou non, résidant en France devraient obtenir leur emprunt au Maroc, à des conditions de taux nettement moins avantageuses qu’en France. «Les bons négociateurs peuvent avoir deux points d’écart» entre les taux de crédit immobilier en France et au Maroc, «mais cela peut aller jusqu’à trois points et demi», explique M. Yazidi. Concrètement et compte tenu du niveau actuel des taux, un prêt de 100.000 euros sur 15 ans coûterait ainsi 50% de plus environ aux conditions du marché marocain.
Le marché est actuellement estimé à près de 1,2 million de Marocains vivant en France, sans compter les ressortissants français désirant investir dans un bien immobilier au Maroc. Et à ceux-ci s’ajoutent d’autres opérateurs qui ont manifesté leur intérêt pour ce créneau.
La Banque Postale s’apprête, elle aussi, à présenter une offre commune avec Poste Maroc. Les autres banques françaises ne veulent pas rester en retrait. BNP Paribas se dit également intéressée et se penche sur la question, tandis que Société Générale possède déjà une agence double enseigne à Paris avec la Société Générale Marocaine de Banque et compte ouvrir une autre à Lyon en septembre.









