Le calvaire des infirmières bulgares a pris fin. Les cinq infirmières et le médecin palestinien qui vient d’être naturalisé bulgare n’en revenaient pas encore d’être enfin libres en foulant, mardi 24 juillet, le tarmac de l’aéroport de Sofia. En guise de cadeau de bienvenue, le président de la république, Guéorgui Parvanov, les a, en effet, tous graciés.
«Ce dénouement n’aurait pas été possible sans les efforts et la détermination de la Commission européenne, et plus particulièrement du membre de la Commission européenne chargée des relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, tout au long du processus, et sans l’engagement personnel de Cécilia Sarkozy», a souligné la Commission européenne dans un communiqué rendu public à cette occasion.
Les cinq infirmières et le médecin bulgares emprisonnés pendant huit ans en Libye où ils avaient été accusés d’avoir inoculé le virus du sida à des centaines d’enfants ont pu regagner la capitale bulgare après leur extradition de la Libye. L’effort diplomatique de la Commission européenne et de quelques membres de l’Union a fini par payer et cette affaire qui a duré plus de 8 ans et connu de multiples rebondissements, a finalement été résolue.
Et cela sans aucune contre-partie financière. Le président français Nicolas Sarkozy qui a décidé d’entamer, ce mercredi une «visite politique» en Libye l’a assuré mardi. «Ni l’Europe ni la France n’avaient versé la moindre contribution financière à la Libye» pour obtenir la libération des infirmières bulgares et du médecin d’origine palestinienne.
Pour sa part, la Fondation Kadhafi, l’un des acteurs majeurs qui ont contribué au dénouement de cette affaire a déclaré, le même jour, qu’elle avait eu des «réserves» lorsque la justice libyenne avait condamné à mort les cinq infirmières et le médecin bulgares.
«Nous respectons la justice libyenne, mais nous avons eu des réserves sur ses décisions», a déclaré à l’AFP le directeur de la Fondation, Salah Abessalam.
Par ailleurs, la Fondation Kadhafi, qui est présidée par le fils du numéro un libyen Seif al-Islam, a mené les négociations avec les familles des enfants contaminés.
Ces pourparlers ont débouché la semaine dernière sur la renonciation par les familles à la peine capitale en échange du versement d’une « diya » (prix du sang). Puis, la plus haute instance judiciaire libyenne a commué leur condamnation en peine de prison à vie, ouvrant la voie à leur extradition vers Sofia.
Pour rappel, c’était au début des années 90, le rideau de fer venait de tomber annonçant la fin de communisme et une poignée d’infirmières bulgares décident de répondre à une offre de recrutement libyenne pour améliora leur quotidien et celui des leurs. Les cinq infirmières ont ainsi débarqué en Libye en même temps que le médecin palestinien venu pour un stage. Peu après, la vie de ce six personnes tourne au cauchemar. La justice libyenne les a accusés d’avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants libyens dont 56 sont décédés. Ils avaient en conséquence été condamnés à mort, une peine finalement commuée en peine de prison à vie, ce qui a permis leur extradition.
Comme l’ont fait savoir des responsables européens de premier plan, leur libération ouvre désormais la voie à un renforcement des relations entre l’Union européenne et la Libye.
«L’affaire a été réglée. Nous avons reçu des garanties pour la normalisation des relations avec les pays européens et pour un accord de partenariat avec l’Union européenne», s’est félicité, pour sa part, un responsable gouvernemental libyen qui a requis l’anonymat, cité par l’AFP.
En outre, Tripoli a obtenu des garanties pour le traitement des enfants et pour la réhabilitation de l’hôpital de Benghazi où ils ont été contaminés par le virus du sida.










