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Pakistan : Les législatives reportées au mois de février

Un tribunal a ordonné jeudi la libération sous caution de 331 avocats arrêtés dans des manifestations contre l’état d’urgence instauré depuis six jours au Pakistan, a annoncé leur conseil.Quelque 3.000 personnes ont été arrêtées ou assignées à résidence dans tout le pays depuis l’état d’urgence décrété samedi par le président Pervez Musharraf, selon des sources policières. L’immense majorité sont des avocats et des magistrats, à la pointe de la contestation anti-Musharraf depuis huit mois, ainsi que des membres d’organisation de défense des droits de l’Homme et des dirigeants de partis de l’opposition. Les 331 avocats libérés sous caution étaient détenus à Lahore, la grande ville de l’Est, sur la base d’accusations de «terrorisme» et «participation à des émeutes» notamment, a indiqué à l’AFP leur avocat, Aftab Ahmed Bajwa. Un tribunal antiterroriste de Lahore a ordonné leur remise en liberté. «Ils devaient tous être relâchés dans la matinée contre une caution de 20.000 roupies pakistanaises chacun (333 dollars),», a assuré M. Bajwa.
«Mais 20 avocats de renom et défenseurs des droits de l’Homme, accusés par la police d’être les organisateurs des manifestations, restent derrière les barreaux à Lahore», a-t-il ajouté. La plupart des manifestations contre l’état d’urgence sont le fait essentiellement des avocats dans tout le pays, et elles ont été à chaque fois violemment réprimées . Le vibrant appel de l’ex-Premier ministre Benazir Bhutto mercredi à manifester contre l’état d’urgence imposé par le président Pervez Musharraf au Pakistan, n’empêche pas ses détracteurs et les analystes de continuer de penser qu’elle joue double jeu et espère toujours partager le pouvoir avec le chef de l’Etat. Mais mercredi, sans surprise pour ses détracteurs d’ailleurs, elle a appelé les Pakistanais à manifester «massivement» pour exiger la levée de l’état d’urgence, et non, soulignent ses contempteurs, le départ de M. Musharraf comme les avocats, magistrat, défenseurs des droits de l’Homme et autres partis d’opposition qui manifestent quotidiennement.
«Elle veut accroître la pression sur Musharraf pour le forcer à un accord, qui lui permettrait d’aller aux élections les mains propres», analyse Najam Sethi, rédacteur en chef du quotidien pakistanais Daily Times. «Elle doit faire croire que c’est la pression de la rue qui a forcé Musharraf à assouplir sa position et qu’elle n’a en aucun cas passé un marché avec lui», explique-t-il. Les responsables du Parti du peuple pakistanais (PPP) de Mme Bhutto martelaient mercredi à l’envi que les négociations avec le camp Musharraf, qui avaient abouti en octobre à l’amnistie des accusations de corruption pesant sur Mme Bhutto, condition de son retour au pays après huit ans d’exil volontaire et d’un accord de partage du pouvoir, étaient «rompues».

Par Rana Jawad (AFP)

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