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Pakistan : Islamabad est contre la «longue marche»

Un rassemblement du parti de Benazir Bhutto avait été interdit vendredi dans la banlieue de la capitale, la police invoquant des menaces d’attentats terroristes contre Mme Bhutto, déjà visée le 18 octobre par un double attentat suicide qui a fait 139 morts. Elle avait même été assignée à résidence toute la journée pour l’empêcher de s’y rendre. «Les rassemblements sont interdits par les dispositions de l’état d’urgence», a rappelé lundi à l’AFP Raja Basharat, ministre de la Justice de la province du Pendjab, dont Lahore est la ville la plus peuplée, avec près de 10 millions d’habitants. «Une réunion en décidera dans la soirée», a-t-il précisé.
Mme Bhutto, rentrée au pays le 18 octobre après huit ans d’exil pour échapper à des accusations de corruption, avait appelé mercredi, cinq jours après l’instauration de l’état d’urgence par le président Pervez Musharraf, à manifester contre cette loi d’exception et pour rétablir le calendrier électoral, qui prévoyait des législatives pour la mi-janvier.
Jusqu’alors, l’ex-Premier ministre (1988-1990 et 1993-1996) négociait, dans la perspective des élections, un accord de partage du pouvoir avec le général Musharraf, à la tête du Pakistan depuis un coup d’Etat il y a huit ans. Or, ce dernier a rétabli dimanche le calendrier électoral, en annonçant que les législatives auraient lieu avant le 9 janvier. Mais il a maintenu l’état d’urgence, assurant que c’était l’unique moyen de permettre un scrutin « juste et transparent » alors que le pays est en proie à une vague sans précédent d’attentats perpétrés par les islamistes proches d’Al-Qaïda. Mme Bhutto, qui est arrivée lundi à Lahore, a annoncé le maintien de sa « longue marche» (275 km) mardi. L’annonce des élections est un «pas positif» mais il n’est pas concevable qu’elles aient lieu sous le régime de l’état d’urgence, selon elle. «Nous mènerons cette longue marche», a promis à l’AFP le porte-parole du Parti du peuple pakistanais (PPP) de Mme Bhutto pour la province du Pendjab. «S’ils essaient de nous en empêcher, il y aura des affrontements dans les rues de Lahore et des manifestations dans tout le Pendjab», a-t-il assuré.
Plus de 3.000 opposants, dont une grande majorité d’avocats, magistrats et défenseurs des droits de l’Homme, ont été emprisonnés ou sont assignés à résidence depuis le début de l’état d’urgence.

Rana Jawad (AFP)

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