Le secteur bancaire américain a eu droit à un nouveau lot de mauvaises nouvelles cette semaine, avec des révélations en série sur le montant des pertes et des dépréciations rendues nécessaires par la prolongation de la crise sur le marché des instruments financiers complexes. Quatre grandes banques ont préparé le marché à de nouvelles mauvaises nouvelles, via quelques paragraphes prospectifs glissés dans leurs rapports trimestriels d’activité, qui ont attisé l’extrême nervosité du marché.
Morgan Stanley, JPMorgan, Bank of America et Wachovia ont reconnu qu’elles allaient probablement devoir procéder à de nouvelles dépréciations d’actifs au 4ème trimestre, après un 3ème trimestre déjà bien douloureux. Ces révélations surviennent une semaine après la démission des P-DG de deux banques prestigieuses, Citigroup et Merrill Lynch, payant le prix d’une stratégie agressive sur les placements à risques qui a conduit à des pertes encore plus lourdes que celles initialement annoncées aux administrateurs. Dans le détail, Morgan Stanley a prévenu que son bénéfice net serait amputé de 2,5 milliards sur les deux premiers mois du 4e trimestre, à cause de nouvelles dépréciations sur la valeur des titres adossés à des prêts hypothécaires à risques et d’autres produits structurés.
Au 3e trimestre, Morgan Stanley avait déjà déprécié pour 940 millions de dollars, et accusé un recul de 7% de son bénéfice net. Cette baisse avait été jugée relativement modeste par rapport à la chute de 57% des profits de Citigroup ou de la perte nette de 2,4 milliards de dollars de Merrill Lynch. De son côté, Wachovia a évalué à 1,1 milliard de dollars sur le seul mois d’octobre le coût de la crise financière, et veut passer au 4ème trimestre entre 500 et 600 millions de provisions, après 350 millions au 3e trimestre.
Bank of America, qui a déploré une chute de 32% de son bénéfice au 3e trimestre, n’a pas voulu donner de chiffres pour les mois à venir, mais n’a pas caché son pessimisme. "Nous nous attendons à ce que les perturbations du marché des crédits structurés se poursuivent", ce qui "devrait impacter négativement nos résultats au 4ème trimestre", a noté la deuxième banque américaine.
JPMorgan, qui s’est était bien tiré au 3e trimestre, a reconnu détenir encore un portefeuille "substantiel" de crédits à risques, avec la somme colossale de 40,6 milliards de dollars – là où d’autres ont avancé plus vite, comme Morgan Stanley qui a réduit son exposition à 6 milliards. JPMorgan a du coup averti de possibles nouvelles dépréciations – après les 1,3 milliard du 3e trimestre – "si les conditions de marché devaient se dégrader pour cette classe d’actifs".










