La guerre de légitimité est désormais lancée par les opposants au régime de Mohamed Abdelaziz, en perspective du 12ème congrès du Polisario, prévu du 14 au 18 décembre dans la zone tampon de Tifariti. Le ton de ce qui s’annonce comme une véritable contre-offensive a été donné par le président du mouvement dissident «Khat Chahid» (Voie du martyr), Mahjoub Salek, installé dans la région de Zouérate, en Mauritanie. Ce mouvement, chef-d’orchestre des voix dissonantes, est rallié par d’autres courants opposants, dont notamment un collectif de jeunes à l’origine de la création du journal électronique nommé «Sahara libre», aujourd’hui censuré par la direction du Polisario. Les préparatifs de cette contre-offensive vont bon train dans le nord de la Mauritanie, où plusieurs dissidents se sont rassemblés en vue de mettre sur pied un plan de riposte face aux manœuvres de la direction du Polisario pour faire taire les voix discordantes à l’intérieur des camps de Tindouf. La contre-attaque en préparation intervient alors que «la direction de Mohamed Abdelaziz a imposé des congressistes dont le tiers est constitué de militaires», a affirmé à ALM une source proche des dissidents. D’autres mesures ont été prises, ou plutôt dictées par les renseignements algériens à la direction du Polisario, pour museler les contestations qui grondent dans les camps de Tindouf. Les services de sécurité du Polisario ont procédé récemment à la restriction du mouvement de la population séquestrée en vue de mieux contrôler les déplacements des civils vers la zone tampon de Tifariti proclamée « territoire libéré ». Les passages menant à cette région ont par ailleurs été soumis à un contrôle strict par les services de sécurité algériens, en vue d’empêcher toute éventuelle «infiltration» des mécontents déclarés «indésirables» dans un congrès où «la liberté d’opinion» est confisquée au seul profit des «amis de Mohamed Abdelaziz», au détriment d’une population dont les souffrances ont été instrumentalisées au point d’en faire un fonds de commerce. «Le congrès se fera sans la population sahraouie, les congressistes ont été triés sur le volet en parfaite coordination avec les renseignements algériens», indique une source informée, ajoutant que le choix de Tifariti n’est pas dû au hasard. Contrairement aux allégations de la direction du Polisario, les considérations qui ont présidé à ce choix s’expliquent par le seul et unique objectif de tenir la population éloignée, la région de Tifariti se trouvant loin, très loin des camps de Tindouf où cette population est séquestrée. «La direction du Polisario sait parfaitement que la tenue de ce congrès à l’intérieur des camps pourrait engendrer des soulèvements de la part de la population, d’où le choix de la région éloignée de Tifariti se trouvant dans la zone tampon», explique une source à ALM. Parallèlement à ces manœuvres, le Polisario fait de nouveau diversion en décidant de hausser le ton contre le Maroc. Sous pression des «radicaux» et des Algériens, cette nouvelle manœuvre est destinée à faire chanter le Maroc en perspective de la tenue du troisième round de négociations, prévu les 7, 8 et 9 janvier prochain à Manhasset, en banlieue new-yorkaise. A la veille de la tenue de cette grand-messe, conformément à la résolution 1783 du Conseil de sécurité, le Polisario a menacé de se retirer des négociations faisant planer, encore une fois, la vieille nouvelle menace du «retour aux armes».
| Des ONG britanniques dénoncent la provocation du Polisario
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