Economie

Banque : La Caisse des dépôts soutient la Société Générale

Le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Augustin de Romanet, a annoncé lundi que l’établissement public avait participé à l’augmentation de capital de la Société Générale, jugeant les projets de cette dernière «créateurs de valeur», dans un entretien aux Echos. La CDC a participé à cette augmentation de capital de 5,5 milliards d’euros «  à un niveau très légèrement supérieur» à sa quote-part, a indiqué M. Romanet. « Nous avons en effet estimé que les projets de la Société Générale justifiant cette augmentation de capital étaient créateurs de
valeur », a-t-il ajouté.
La SocGen a bouclé cette opération le 29 février, mais ses résultats ne devaient pas être connus avant mardi 11 mars. La CDC détenait jusqu’à présent 2,03% du capital de la banque française. Alors que la ministre de l’Economie Christine Lagarde a dit «réfléchir» à l’idée de faire de la CDC un «fonds souverain», M. de Romanet a estimé que son institution avait « des points communs avec les fonds souverains, notamment le sens du long terme ». «Mais nous avons aussi des différences qui tiennent à l’utilisation et à l’origine de nos ressources», a-t-il ajouté.
Par ailleurs, M. Romanet a indiqué que la CDC, qui détient déjà 8,5% d’Eiffage, pourrait reprendre une «petite part» de la participation détenue par Sacyr dans le groupe de BTP français. «Nous ne menons pas les discussions, et si nous devions participer à la reprise des actions d’Eiffage détenues par Sacyr, ce ne serait qu’une petite part», a-t-il assuré. Le quotidien Les Echos avait indiqué début février que le groupe de BTP espagnol négociait avec des institutionnels français pour leur céder les 33,32% qu’il détient dans Eiffage.
Sur CNP Assurances, qui fait l’objet de convoitises de la part d’Axa ou de Groupama, M. de Romanet a répété: « Nous ne sommes pas vendeurs». La CDC détient 40% du capital du premier assureur français de personnes. Enfin, «nous examinons actuellement la proposition d’investissement dans Latécoère», l’équipementier aéronautique français, a déclaré Augustin de Romanet.
Latécoère, encore de taille modeste comparé à son rival américain Spirit, doit doubler de taille en reprenant les usines Airbus de Méaulte (Somme) et de Saint-Nazaire ville (Loire-Atlantique) en France. M. de Romanet suggère de « prendre des initiatives comparables» à ce qui s’est fait aux Etats-Unis, où Spirit «a fédéré un ensemble de sous-traitants aéronautiques». Latécoère fabrique des aérostructures (tronçons de fuselage et portes) et des câblages. Il fournit Airbus, Boeing, Dassault et les groupes canadien Bombardier et brésilien Embraer.