Et si on lui fichait un peu la paix à Rachida! La France –ou en tout cas une partie – ne lui fait, et ne lui fera aucun cadeau : pensez donc, une Beurette à la tête d’un ministère régalien, Garde des Sceaux et située tout en haut dans le protocole gouvernemental. C’est trop, bien plus que n’en peuvent supporter un certain nombre de Français. De plus, elle est médiatique, forte tête, mais, elle ose être fière de ses origines et ne pas renier ses frères qui ont eu des démêlés avec la justice…
Alors de grâce ! Ne nous y mettons pas, nous aussi !
Nous avons beaucoup de raisons nous autres Marocains(es), d’être fiers d’elle : elle est la première jeune de la 2ème génération issue de l’immigration marocaine à atteindre un tel poste. Elle garde le Maroc au cœur, elle agit aussi – comme son voyage officiel dans notre pays il y a quelques semaines l’a montré- sa famille est ici… bref, nous ne pouvons que nous réjouir que notre communauté à l’étranger compte des enfants tels que Rachida.
Or, aujourd’hui sa maternité –assumée- devient motif à débats, à rumeurs, à spéculations et à d’interminables (et insupportables) discussions. Par pitié, laissons cela à une certaine presse française et à certains esprits pour qui une «Beurette à ce poste» ne «passe pas».
Rachida Dati attend un enfant, réjouissons-nous pour elle, souhaitons lui une maternité épanouie et une longue vie au bébé… mais gardons-nous d’entrer dans les supputations concernant l’identité du père.
Ce serait tellement valorisant, si dans cette «affaire» nous pouvions «donner une leçon» à certains journaux et certains politicards de l’Hexagone ; ce serait tellement bien si nous pouvions – en cette occasion- montrer notre ouverture d’esprit, notre tolérance, notre respect et nous montrer «solidaires».
J’ai connu Rachida, en France, et nous n’étions pas du même bord politique, il n’empêche que dans nos parcours et nos rencontres, nous n’avons jamais oublié nos dénominateurs communs : la Marocanité ; la lutte pour l’égalité des chances, contre le racisme ; l’accès à la dignité…,etc.
C’est tout cela, mais aussi le devoir que nous avons en tant que Marocains, d’être solidaires de notre communauté installée à l’étranger, qui me poussent à écrire cette chronique. La ministre de la Justice française va sûrement passer des mois difficiles, je sais bien que c’est le tribut à payer à la notoriété… mais au moins, évitons de hurler avec les loups.
Au Maroc, nous réussissons tant bien que mal à rester dignes dans la façon dont est traitée la vie privée de nos ministres ou de nos personnalités publiques (malgré quelques dérapages), essayons de garder cette ligne de conduite pour celle qui sans être «à nous», fait tout de même partie des nôtres.









