La seule manière d’évaluer les élections partielles de ce week-end n’est pas de savoir si le PAM anime ou pas la vie politique; s’il fait bouger les lignes; s’il renouvelle les pratiques politiques ou finalement, s’il met en avant une nouvelle élite politique avec des idées originales. Là n’est pas la question pour l’instant. On aura la possibilité sur des élections générales, une plus large échelle, de faire un vrai bilan de l’apport du PAM au paysage politique marocain. Les professions de foi et les déclarations d’intention attachantes des affidés de ce parti, au-delà d’un enthousiasme naturel, d’une excitation légitime voire, parfois, d’une agressivité inutile, ne peuvent être mises en perspective que sur de résultats nationaux significatifs. La seule question de fond qui vaille pour ces élections partielles c’est de savoir si l’Administration va sortir indemne de cette première vraie épreuve pour sa récente crédibilité électorale. L’inquiétude des partis politiques sur la neutralité de l’Administration n’est pas une figure de style. Le PAM est le parti de l’ex-ministre délégué à l’Intérieur qui fonde son action politique sur sa capacité exclusive — il serait seul à pouvoir le faire — à porter les ambitions de la monarchie du fait de sa proximité «amicale» avec le Souverain. Un projet politique formulé de cette manière autorise, bien entendu, toutes les méfiances. Faire au nom de cette proximité une OPA partisane sur la «clientèle» politique naturelle de la monarchie marocaine, c’est vouloir créer, par l’argumentaire exclusif déployé et par une intermédiation supplémentaire non justifiée, un deuxième niveau d’allégeance qui serait in fine inutile et politiquement contreproductif.








