Dans le flot immense de nouvelles souvent mauvaises, rarement bonnes, qui s’abat sur l’actualité ces dernière semaines, une seule semble donner des frissons de joie à Nicolas Sarkozy : Sa côte de popularité, quand elle n’est pas stable, est en train de faire de jolis bonds positifs. Le locataire de l’Elysée, longtemps et hermétiquement verrouillé dans un désamour impavide, est en train de retrouver doucement mais sûrement le chemin des cœurs. Nombreux sont ceux qui attribuent ce renversement de tendance à l’impossibilité pour Nicolas Sarkozy de creuser le fond et à son inévitable remontée. Ils voudraient voir dans ce phénomène une loi politique mécanique de celui qui s’installe et qui dispose du facteur «Temps» pour imposer aux autres sa vision et sa manière d’être. Mais d’autres décortiquent des raisons objectives à ce retour d’affection non programmé.
La première est ce qu’il est convenu d’appeler l’effet «présidence française de l’Union européenne». De manière indéniable, en cumulant rapidement l’épaisseur de la fonction à son énergie naturelle, Nicolas Sarkozy s’est emparé d’un vrai levier de pouvoir pour lustrer sa personnalité et ses talents. Même si les résultats concrets laissent à désirer, les effets d’optique et de communication sont énormes. De l’Afghanistan à la Géorgie en passant par la Chine et la Somalie et après avoir organiser le grand show sur l’Union pour la Méditerranée, Nicolas Sarkozy a eu l’occasion de se fabriquer l’étoffe, d’autres diront l’illusion, d’un dirigeant international moins enclin à se laisser piéger par les polémiques byzantines dans lesquelles son hyper présidence assumée des premiers mois l’a lourdement plongé. Petit bémol dans cette vision idyllique : Il arrive encore que «Le Canard Enchaîné», l’emblème de la presse satirique française, pouffe de rire chaque semaine en évoquant l’intérêt majeur et hautement stratégique que porte Nicolas Sarkozy aux problèmes du tout-à-l’égout de la demeure de sa belle maman Mme Bruni-Tedeschi au Cap Nègre. Ce à quoi le journal «Le Figaro» répond en citant un proche du président qui affirme sans rire que Nicolas Sarkozy : «a toujours ce côté Bonaparte qui discute avec la Prusse et la Russie, tout en s’intéressant à la dimension des boutons de guêtre de ses soldats».
La seconde raison qui expliquerait ce début de retour en grâce est sa capacité à gérer les contradictions de son propre camp. Chose qui lui a évité jusqu’à présent de couteux clashs politiques. La mésentente avec son Premier ministre François Fillon et certaines personnalités du gouvernement est aiguë, Nicolas Sarkozy parvient à arrêter sa pulsion naturelle de tout changer et s’astreint à observer les exigences du calendrier européen de la France. Il trouve des substituts à sa mauvaise humeur et à sa déception par des rencontres sélectives, d’où le club très fermé des sept ministres qu’il réunit chaque semaine en Task force autour de lui. Il est au bord de la crise de nerfs avec le secrétaire général de l’UMP Patrick Devedjian, il trouve les ressorts de le reconduire dans un bel effort d’unité en attendant des jours meilleurs.










