Le ministre israélien des Infrastructures Binyamin Ben Eliezer a appelé à «un embargo absolument total» contre l’Iran pour l’empêcher d’acquérir l’arme nucléaire. «Il devrait être suffisant d’isoler l’Iran mais j’entends par là un embargo absolument total. Ce langage-là sera compris. Peut-être pas par le président Mahmoud Ahmadinejad mais il sera compris par le peuple iranien. Et pourtant rien n’est fait», a déclaré le ministre travailliste lors d’une conférence publique à Jérusalem. «Je suis navré de constater que l’Europe joue un double jeu. Quelques 1200 sociétés travaillent nuit et jour avec l’Iran. Le monde libre doit être inquiet et doit choisir», a poursuivi M. Ben Eliezer, invité par le Jerusalem Center for Public Affairs. Sur la position d’Israël à l’égard de la menace nucléaire iranienne, M. Ben Eliezer, membre du Cabinet de sécurité, s’est montré prudent. «Israël doit se tenir prêt à toute éventualité. Mais ma réponse est la coopération et encore la coopération avec tous les pays», a-t-il expliqué. «Israël ne sera pas la première victime d’un Iran équipé de l’arme nucléaire. Les pays arabes sunnites de la région, la Jordanie, les pays du Golfe, l’Arabie Saoudite seront les premières victimes», a souligné le ministre, estimant que ces pays «devraient hausser le ton» face à Téhéran. Dans la matinée, la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, mandatée pour former un nouveau gouvernement, avait publié pour sa part un communiqué qualifiant d’«absurde» la candidature de l’Iran au Conseil de sécurité des Nations unies, présentée la veille à New York. «Quoi de plus absurde qu’un pays demandant à être membre du Conseil de sécurité de l’ONU, dont la vocation est de contribuer à la sécurité mondiale, alors qu’il menace la sécurité de ses voisins et appelle à la destruction d’un autre pays», indique Mme Livni. Dans un rapport publié la semaine dernière, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) a dénoncé le refus de Téhéran de cesser ses activités d’enrichissement de l’uranium, malgré trois premières séries de sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU. L’AIEA a noté que l’Iran avait encore amélioré sa capacité d’enrichissement d’uranium et souligné n’être toujours pas en mesure d’établir que le programme nucléaire iranien est purement civil.








