Economie

Dubaï : Les promoteurs se veulent optimistes

Les promoteurs immobiliers de Dubaï, ville dont l’essor repose en grande partie sur le secteur de la construction, se veulent optimistes, malgré la crise financière mondiale et le risque qu’elle détourne les investisseurs étrangers de l’émirat.
Alors que l’immobilier est en plein marasme aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et dans d’autres pays occidentaux, Dubaï a dévoilé cette semaine deux nouveaux projets grandioses d’un coût total approchant les 150 milliards de dollars. Plusieurs institutions financières ont pourtant prédit récemment une baisse des prix dans le secteur immobilier de l’émirat, avec la mise sur le marché de milliers d’unités en construction. La hausse des prix à Dubaï se serait déjà ralentie, puisque selon une étude de la firme Colliers International, ils ont augmenté de 16% au deuxième trimestre de cette année, contre 42% au premier trimestre. En outre, certains analystes pensent que les prix à Dubaï sont anormalement élevés en raison de la spéculation. Les deux entreprises qui ont annoncé des projets géants cette semaine en marge de «Cityscape», le salon de l’immobilier qui s’est achevé jeudi à Dubaï, sont contrôlées par le gouvernement de l’émirat, qui semble vouloir envoyer un message fort pour rassurer les investisseurs. Nakheel a annoncé un projet de 38 milliards de dollars, le «Nakheel Harbour and Tower», qui sera érigé autour d’une tour de plus d’un kilomètre de haut, ce qui en ferait la plus haute du monde. Meraas Development a dévoilé un énorme projet de 95 milliards de dollars pour la construction d’une nouvelle cité dans la ville, «Jumeirah Gardens». La question qui se pose est de savoir comment ces deux compagnies financeront ces projets, compte-tenu de la crainte d’une pénurie mondiale de liquidités. Mais le PDG de Meraas Development, Sina al-Kazim, affirme ne pas être inquiet. «Dubaï a une situation financière solide (…) Il y a une abondance d’avoirs (…) à la fois localement et à l’international (…) qui n’attendent que des projets pour s’y investir», a-t-il assuré à l’AFP. Le PDG de Nakheel, Chris O’Donnell, renchérit devant la presse: «si vous vous contentez d’écouter les gens qui disent des choses négatives, vous finirez par devenir négatif vous même». Mais Sana Kapadia, analyste boursière à la banque EFG-Hermes, est plus réservée. «Il y a moins d’appétit pour les projets nouveaux, car le sentiment des marchés est devenu quelque peu négatif» à cause de la crise financière mondiale, a-t-elle dit à l’AFP. Elle estime que «l’offre (de logements) connaîtra un pic en 2009», avant de diminuer.
Ce facteur, «combiné à d’autres éléments -le retrait du marché de certains spéculateurs, un transfert de liquidités en dehors du secteur imobilier et une baisse de l’optimisme -modifiera la dynamique des marchés», explique-t-elle. Elle prédit ainsi que les prix augmenteront encore la première moitié de 2009, avant une baisse qui pourrait atteindre 15 à 20% d’ici à 2011.

• Ali Khalil  (AFP)

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