Durant de bien trop longues années nous nous sommes abstenus de débattre entre nous sur ce qui nous touche dans notre vie au quotidien ou au profond de notre identité… Bien sûr souvent le ton est vif, les avis diamétralement opposés et les antagonismes réels mais au moins le mérite existe de ne plus taire des questions aussi essentielles.
L’autre grand changement est que depuis quelque temps ce ne sont plus les seuls islamistes qui donnent le «tempo» : un véritable sursaut a permis à une frange de plus en plus large de la société de «donner de la voix» et de proposer des débats où les obscurantistes ne sont plus les «faiseurs d’opinions».
Ne laissons pas la porte entrouverte se refermer et poussons les feux de la discussion, de l’échange, du dialogue ; dans le respect de nos valeurs, certes, mais sans auto-censure et sans fausse pudeur.
Il est légitime aujourd’hui de poursuivre le débat sur l’abolition de la peine de mort -: les arguments en faveur de sa disparition sont susceptibles d’emporter l’adhésion mais, pour cela, il faut encore et toujours les faire entendre, les populariser.
De même, il est nécessaire de faire émerger la question de l’égalité entre hommes et femmes devant l’héritage et d’entendre tous les points de vue. Cette discussion n’est pas ignominieuse et puisqu’elle est lancée, ne l’esquivons pas. Tout comme le sujet de la parité n’est pas indu, l’occasion des élections communales doit nous permettre d’avancer sur ce thème.
La solution des « quotas » mérite d’être essayée ; elle devrait d’ailleurs –à mon sens- être élargie à la jeunesse –ou bien encore une fois- allons-nous assister à un scrutin où les jeunes seront quasiment absents des listes de candidats… ne nous étonnons pas alors s’ils se détournent des urnes !
Il y a belle lurette que les débats sur la corruption, la lourdeur de notre administration, l’absentéisme au travail, les droits humains, la prostitution, le sida… sont devenus courants ; ce qui représente un véritable acquis qu’il faut saluer ; nous en portons-nous plus mal ? Bien au contraire, nous gagnons en responsabilité, en maturité et notre identité, nos valeurs n’en sont nullement menacées – bien au contraire.
Si nous sommes sûrs de ce que nous sommes, nous ne pouvons –ne devons- pas craindre de débattre, nous trouverons bien, entre nous, la voie et la voix justes qui nous permettrons d’avancer sans nous renier.
En 10 ans, le Maroc a beaucoup changé, en profondeur, ne nous arrêtons pas au milieu du gué et tout en nous respectant les uns les autres, osons traiter ces questions de société – que nous ne pouvons escamoter sous peine de risque de recul. Nous le valons bien !










