Couverture

30 Mauritaniens séquestrés à Tindouf transférés vers des prisons algériennes

© D.R

Un coin du voile vient d’être levé sur le sort des séquestrés donnés disparus par le front Polisario. Une trentaine de citoyens mauritaniens enlevés dans les années quatre-vingt par le Polisario ont été transférés dernièrement vers les prisons algériennes. Une affaire au parfum de scandale que vient de dévoiler une ONG mauritanienne, appelée Comité national chargé des affaires des disparus mauritaniens au Polisario. «Le Front Polisario a procédé le 1er octobre 2008 au transfert de trente prisonniers mauritaniens des geôles de Tindouf vers les prisons algériennes», affirme le comité qui se charge de la défense des victimes et des familles des victimes mauritaniennes du Polisario. Dans un communiqué, paru le 2 janvier 2009, l’ONG a appelé les autorités de Nouakchott à agir de manière à établir la vérité sur le sort des victimes. «Nous demandons au gouvernement mauritanien actuel d’intervenir d’urgence pour faire la lumière sur le sort des prisonniers transférés et œuvrer pour la libération de tous les détenus mauritaniens», indique le communiqué de l’ONG basée à Nouakchott. La même ONG  rappelle «avoir déjà saisi le président mauritanien démis Mohamed Ould Cheïkh Abdoulahi au sujet de cette affaire», mais regrette que sa «demande soit restée lettre morte». Elle déplore que 150 citoyens mauritaniens croupissent toujours dans les bagnes de Tindouf, en raison de l’acharnement du Front Polisario, avec la complicité (évidente) des autorités d’Alger, à «violer toutes les conventions internationales». Contacté par ALM, un responsable de l’ONG explique que «le Polisario avait organisé en 1982 plusieurs rafles dans le nord de la Mauritanie durant lesquelles il a enlevé 150 concitoyens dont la majorité continuent d’être incarcérés dans les mouroirs de Tindouf». Interrogé sur la raison de ces rafles, un spécialiste du dossier l’a attribuée à des considérations démographiques. «Le Polisario voulait à tout prix remplir les camps de Tindouf, peu importait pour lui l’origine des résidents. Cela fait que la majorité des habitants des camps appartiennent à des nationalités différentes», explique un observateur.
Le transfert, maintenant, des séquestrés vers les prisons algériennes remet sur le tapis la responsabilité des autorités d’Alger. Le Comité chargé des affaires des disparus mauritaniens le dit ouvertement, et ce n’est pas tout. Il appelle le gouvernement mauritanien à mobiliser une commission d’enquête pour établir la vérité sur le sort des prisonniers transférés. Une revendication que l’on relève chez l’Association des portés disparus au Polisario (APDP), basée à Laâyoune. Dans une plainte déposée fin décembre 2007 auprès de la justice espagnole, l’ONG marocaine a révélé les noms de hauts responsables militaires algériens impliqués dans cette tragédie.