ALM : Pourquoi l’UGTM n’a-t-elle pas adhéré au mouvement de grève ?
Mohamed Titna Alaoui : Je précise que la décision de la grève ne revient pas aux dirigeants du syndicat. Si une décision doit être prise, c’est à la base qu’il faut la chercher. Sur ce point, la base n’a pas encore pris de décision. En ce qui concerne les dirigeants du syndicat, notre rôle se limite à la simple coordination. Maintenant, si vous voulez mon avis sur la grève décidée par les autres syndicats, je peux vous dire que cette décision obéit plutôt à des considérations politiques pour ne pas dire carrément électorales.
Que répondez-vous à ceux qui disent que le dialogue social a échoué ?
On ne peut pas dire que le dialogue social a échoué, sachant que les pourparlers ne sont pas arrivés à terme. Quand on aura terminé le dialogue, et qu’il n’y a pas eu de résultats, on peut à ce moment-là recourir à la grève. Il est vrai que plusieurs problèmes se posent actuellement. Je peux citer, entre autres exemples, la poursuite du gel des promotions dans le secteur de la fonction publique. Notre revendication de la suppression des bas échelles (de 1 à 4) n’est toujours pas satisfaite. Nous attendons toujours que la baisse de l’Impôt sur le revenu entre en vigueur. Je peux allonger la liste des problèmes, mais il ne faut tout de même pas nier que nous avons obtenu des acquis significatifs durant les différents rounds du dialogue social. L’augmentation des salaires offre ici une preuve éloquente.
D’aucuns reprochent à l’UGTM de s’aligner sur la position du parti de l’Istiqlal, à la tête du gouvernement actuel. Votre position est-elle réellement influencée par le parti de l’Istiqlal ?
L’UGTM joue sur l’échiquier syndical, alors que le parti de l’Istiqlal, lui, intervient sur l’échiquier politique. Alors bien évidemment, on est en face de deux rôles différents. La participation gouvernementale du parti de l’Istiqlal ne date pas d’hier, cela remonte à l’année 1978. Pendant tout ce temps, l’UGTM s’engage dans des batailles acharnées en faveur de la classe ouvrière. Cela étant, nous sommes un syndicat nationaliste et responsable. Nous sommes conscients, aujourd’hui plus que tout autre temps, des difficultés auxquelles notre pays est confronté. Nous sommes dans une conjoncture économique internationale difficile. Je peux dire que même le citoyen européen n’arrive pas aujourd’hui à satisfaire ses besoins les plus élémentaires. Notre pays n’échappe pas à son tour à cette contrainte. Je crois qu’il faut également faire preuve de compréhension.










