Editorial

Petit bonjour

Le lessivage par la pluie de nos infrastructures continue. Ce curetage permanent dévoile tous les travers de nos équipements. Tout ce qui est construit sur la triche, l’approximation, l’amateurisme, la corruption, la non programmation et la non planification, s’écroule. Tout ce qui est vieux, pas rénové, laissé à l’abandon, subit le même sort. A Casablanca, ce qui arrive à l’hôtel Lincoln — une arlésienne — est proprement scandaleux. La bataille de procédures entre les héritiers putatifs et l’autorité publique expropriatrice a fini par livrer le bâtiment aux intempéries qui sont en train de mettre tout le monde d’accord. Encore un peu de pluie, et il n’y aura plus rien. Un amas de pierres sordides qui enterre toutes nos ambitions — nos prétentions ! — pour une ville qui aimerait son patrimoine, le sauvegarderait et le mettrait en valeur. Rien n’y fera. Nous allons vraisemblablement continuer à payer le prix, dans le domaine local, de notre incapacité à attirer aux commandes de nos villes une nouvelle élite compétente et désintéressée. Et ceux qui s’y sont risqués, ils ne sont pas près de recommencer. Il faut voir la brutalité, la violence et la somme d’abjections qu’il faut supporter pour continuer à siéger dans des conseils, souvent, livrés aux voyous. C’est incroyable.