L’affaire de destitution du maire PJD de Meknès, Aboubakr Belkora, a été au centre de la conférence de presse organisée hier par le ministère de l’Intérieur à son siège à Rabat. Cette conférence, qui est intervenue trois jours après l’annonce de la révocation du maire de la ville de Meknès, Aboubakr Belkora, a été présidée par le wali directeur de l’Inspection générale de l’administration territoriale, Mohamed Fassi Fihri. Intervenant lors de cette conférence, le responsable a expliqué les raisons objectives qui ont été derrière la décision de destitution du maire de Meknès. Cette décision a été prise à la lumière des résultats d’une mission de contrôle et d’audit, effectuée par ladite Inspection du 26 juin au 16 juillet 2008, a précisé M. Fassi Fihri.
Durant cette mission d’investigation, l’Inspection a constaté plusieurs dysfonctionnements dans la gestion de la collectivité locale ismaélite. L’évaluation a touché essentiellement le domaine de l’urbanisme et celui des marchés publics. S’agissant des marchés lancés par la commune, l’Inspection a relevé plusieurs «dépassements». M. Fassi Fihri en a cité plusieurs exemples: le président du Conseil de la ville de Meknès a accepté huit autorisations pour construire, quand bien même elles ne seraient pas légales ; 18 permis d’habiter ont été accordés de façon illégale ; la procédure relative à la sanction des contraventions enregistrées dans le domaine de l’urbanisme n’a pas été respectée… Sur ce point, l’Inspection a fait état de cinq cents cas où la procédure en question n’a pas été observée. Et ce n’est pas tout. Le maire déchu aurait illégalement accordé trois attestations administratives concernant le projet de construction d’un complexe résidentiel composé de 200 appartements répartis sur neuf immeubles.
Le Parti de la justice et du développement, auquel appartient le maire déchu, a reconnu nombre de ces dépassements, tout en soulignant que «l’erreur est humaine ». Mais il a qualifié de «politique» la décision de destitution d’Aboubakr Belkora. Lahcen Daoudi, responsable au PJD, a jugé «inappropriée» ladite décision. Le ministère de l’Intérieur s’est empressé pour sa part de rejeter cette allégation, en s’interrogeant sur «les motivations de la réaction du PJD, concernant la révocation du président de la commune urbaine de la ville de Meknès, avec tout ce que cela comporte comme interprétations contraires à la réalité».
«La décision de destitution a concerné des élus locaux appartenant aussi bien aux partis de la majorité qu’aux partis de l’opposition», a précisé M. Fassi Fihri. Le ministère de l’Intérieur veut promouvoir «la bonne gouvernance dans la gestion des affaires des collectivités locales, et ce, à travers la gestion optimale des ressources et des moyens mis à leur disposition et pour prévenir tout gaspillage dans leur utilisation», a clarifié le responsable de l’Inspection générale de l’administration territoriale.
Les présidents de commune destitués
|










