Longtemps ce concept n’a pas semblé « prendre » dans nos mentalités, mais force est de constater que sous une véritable politique de la ville, transcendant et mettant en synergie tous les acteurs du développement urbain, rien de cohérent et de pérenne ne pourra se faire au niveau d’une ville.
Gouvernance, urbanisme, social, vie des quartiers, adhésion de la population, transports, animation (culturelle, sportive, éducative, etc)…, bref tous les aspects de la vie d’une cité sont étroitement liés et interdépendants les uns des autres. Prenons l’exemple d’une ville ayant lancé une série de grands projets – projets structurants, porteurs d’avenir et d’envergure nationale, voire internationale – est-il concevable que la réussite de tels chantiers se fasse si, à côté, la ville ne possède – ou ne construit pas un réseau routier digne de ce nom ; si la gouvernance est inadaptée et si la jeunesse – parce que laissée à la marge- se livre au vandalisme ?
L’on voit bien qu’une ville est un tout et, si au Maroc, au sein du gouvernement aucun poste ministériel n’a été spécifiquement dédié à la politique de la ville, cela n’implique-t-il pas que les politiques de la ville doivent être penssées au niveau des wilayas, des régions ?
Lors de la réunion du CRDH (Conseil régional de l’INDH), la semaine dernière à Casablanca qui coïncidait avec la première «sortie» politique de Si Mohamed Halab, nouveau wali de la métropole, les membres du CRDH ont pu constater – avec beaucoup de satisfaction – qu’au cours de ses différentes prisses de parole, le nouveau wali avait en tête cette conception. Or, c’est justement d’une politique de la ville qu’a aujourd’hui besoin Casa : une politique de la ville où l’aspect social, le volet lutte contre l’exclusion, la démarche d’insertion sociale – notamment de la jeunesse -auront rang de priorités.
Evidemment, comme souvent chez nous, le maillon faible d’une politique de la ville efficace risque d’être le volet «ressources humaines» ; d’où l’importance d’une bonne gouvernance locale et donc d’une réel sensibilisation accompagnée d’une formation adéquate –non seulement pour les différents acteurs du développement urbain – mais aussi- voire surtout – de nos élus locaux.
Administration, élus, société civile ( c’est-à-dire mouvement associatif mais aussi patronat, mais aussi presse –en tant que relais- ; mais aussi faiseurs d’opinion, mais aussi sociologues, travailleurs sociaux…, architectes… ne peuvent plus œuvrer – chacun dans son coin, le maître – mot d’une politique de la ville digne de ce nom est : concertation.
Réflexion, concertation décision et action! Sachant par ailleurs, que l’une des conditions sine qua non de réussite, est l’adhésion de la population.
Que la population «s’approprie» la politique de la ville dont elle sera bénéficiaire, qu’elle en devienne actrice est la philosophie de base d’une politique de la ville qui se respecte. La démarche initiée par et avec l’INDH en est l’exemple.










