Sports

Une course de contrastes et d’ouverture

Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France et coorganisateur de la course qatarie, avait qualifié il y a quelques jours la mise sur pied de cette première épreuve importante de cyclisme dames dans le Golfe de «vrai geste politique».
Symboliquement, la course des filles, organisée de dimanche à mardi dans la foulée de l’épreuve masculine, a pris son départ au pied de l’imposant musée de l’art islamique, à deux pas de la grande mosquée de Doha. De quoi susciter la curiosité des badauds et offrir quelques images insolites comme lorsque le peloton composé d’une centaine de filles aux bras et aux jambes prenant le soleil croisa un groupe de Qataries entièrement voilées de noir et vêtues du traditionnel djellaba. «Nous ressentons notre présence ici comme une vraie attraction. La veille du départ, lors d’une sortie d’entraînement, nous étions étonnées de voir les voitures s’arrêter à notre passage tandis que les passants nous regardaient et nous prenaient en photo», explique la Belge Catherine Delfosse. Ce défilé de filles en cuissard ne semble choquer personne à Doha. «C’est leur culture, ça ne me dérange pas», explique une femme complètement voilée. «Je trouve même très bien que des femmes puissent faire du vélo. Dans les centres sportifs, les jeunes filles apprennent désormais à rouler. C’est nouveau. Pourquoi pas ? Tant qu’elles restent couvertes, il n’y a pas de problème», poursuit-elle. Quelques mètres plus loin, Eddy Merckx semble apprécier le spectacle.

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