Après la Malaisie, le Canada, l’Australie ou l’Albanie, direction la Norvège pour Pfannenstiel qui a paraphé la semaine dernière un contrat d’entraîneur-joueur avec un club de 3e division d’Oslo, Mangerud Star. La carrière du gardien de but de 35 ans n’est certes pas comparable à celle de Zinédine Zidane, joueur le plus cher de l’histoire depuis son transfert en 2001 au Real Madrid pour 75 millions d’euros, ou de Kaka, pour qui Manchester City était prêt à débourser 120 millions d’euros. Mais elle lui a permis de voir du pays et de connaître quelques aventures rocambolesques. Elle lui a aussi offert, à défaut d’un palmarès ronflant, un titre de gloire: il serait le premier joueur professionnel à avoir évolué sur les six continents définis par la Fédération internationale de football qui distingue l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. «Ce n’est pas quelque chose que j’ai planifié, c’est vraiment le hasard, mais je suis fier de ce record», déclarait récemment le gardien globe-trotteur à un site spécialisé. Pfannenstiel (littéralement, manche de poêle) a pourtant failli ne jamais quitter l’Allemagne, voire sa Bavière natale. Il fut un adolescent prometteur, retenu, jusqu’en juniors, dans les différentes équipes nationales. Mais à 20 ans, il plafonne dans un club de 3e division. Il intéresse bien le grand Bayern Munich, mais pour garder les buts de son équipe réserve. Le portier préfère partir gagner confortablement sa vie en Malaisie. Suivent 23 transferts en quinze ans dans des clubs prestigieux (Wimbledon et Nottingham Forrest en Angleterre, les Orlando Pirates en Afrique du Sud) et d’autres beaucoup moins renommés à Malte, en Nouvelle-Zélande ou au Brésil.
Au cours de ses pérégrinations, le «Rouletabille du football» s’est retrouvé sans un sou en Arménie, a frôlé la mort en 2002 lors d’un violent choc avec un adversaire dans une rencontre de 7e division anglaise et, soupçonné de corruption à Singapour, a passé trois mois et demi derrière les barreaux.
S’il n’a pas amassé la fortune d’un Zidane, Pfannenstiel a lui-aussi ses bonnes causes, comme la lutte contre le réchauffement climatique. Il veut organiser en 2009 un match d’anciennes gloires du football en… Antarctique, le seul «continent» qui manque encore à son palmarès.









